Alexandre Astier : "Je ne veux pas satisfaire les fans de Kaamelott, je veux les surprendre"

Alexandre Astier : "Je ne veux pas satisfaire les fans de Kaamelott, je veux les surprendre"

INTERVIEW - Invité du Toulouse Game Show, le week-end dernier, Alexandre Astier s'est confié à metronews au sujet de sa prochaine adaptation cinématographique de l'univers de "Kaamelott", sa série culte diffusée de 2005 à 2009 sur M6.

Vous avez enfin récupéré les droits complets de Kaamelott (un différend juridique l'opposait à la société CALT, qui détenait les droits de la série – ndlr). C'était indispensable pour raconter la suite ?
C’est un peu compliqué, je ne vais pas rentrer dans les détails, mais j’ai toujours voulu cette possibilité de façonner comme je le voulais, de manière un peu artisanale. C’était très long, c’était énormément de négociations, de trucs juridiques pour lesquels je ne pouvais pas faire grande chose, ce n’est pas mon métier. Je ne pouvais qu’attendre. Pendant de nombreuses années, on m’a répété ‘pas encore’. Mais bon, finalement j’ai fait des tas de choses entre-temps que je n'aurais peut-être pas faites…

Vous partez sur un film, ou vous voulez d’abord repasser par la télévision ?
Je me suis posé la question. La fin de la saga, dans mon esprit a toujours été une trilogie de films. Mais il y a une période que je veux raconter qui s’appelle "Kaamelott Résistance", qui parle du moment où Arthur n’est pas en Bretagne et Lancelot est au pouvoir et où les personnages qu’on connaît sont partagés entre résistance et collaboration. Je me suis demandé si je devais retourner à la télévision pour la raconter. Et puis j’ai décidé que non. Parce que je ne pense pas qu'on puisse faire un grand un retour en télé, puis un autre grand retour au cinéma.

"L'adaptation aurait été peut-être plus sombre en sortant direct de la série"

Entre l’arrêt de la série et aujourd’hui, comment a évolué le récit de cette trilogie ?
L’histoire est la même. La façon de raconter, elle, suit mes envies. Il y a eu une grande pause, il y a eu des spectacles, du cinéma avec Isabelle Adjani, et je ne pense pas écrire le même film aujourd’hui que si je l’avais écrit il y a 6 ou 7 ans. Ça va suivre ce que j’ai envie d’y voir maintenant, les acteurs avec lesquels j’ai envie de jouer, la couleur que j’ai envie d’y mettre. Elle aurait peut-être été plus sombre à l’époque, en sortant direct de la série. Mais maintenant que je ne suis plus dans le même état d'esprit, j’aurais peut-être plus envie de déconner.

Pensez-vous que les fans attendent plus d’humour qu’un truc sérieux ?
Les fans sont compliqués. Leur saison préférée, c’est souvent la cinquième. Après, il y a le public dilettante qui venait de temps en temps, et qui préférait quand ça ne faisait que déconner. Satisfaire tout le monde c’est une question qui se pose. J’ai envie de dire qu'il ne faut pas satisfaire, il faut les surprendre. Et c’est chaud parce qu’ils ont pensé à tout. Si j’arrive à faire ça, ce sera bien. Mais il y a aussi les gens pour qui Kaamelott n’est pas une religion et qui doivent aussi passer un bon moment. C’est passionnant de chercher cet équilibre. 

A LIRE AUSSI
>>
"Les personnages de Kaamelott s'étoffent et poussent les murs" >>  Astérix : un retour au sommet en 3D... et avec Alexandre Astier

Les tags

    Et aussi

    Sur le même sujet

    À suivre

    Rubriques