Alors, que vaut "Dalida", le biopic de la chanteuse signé Lisa Azuelos ?

ON AIME - Après "LOL" et "Comme t’y es belle !", la réalisatrice Lisa Azuelos retrace la vie de Dalida dans un biopic homonyme, en salles ce mercredi. Un long métrage touchant et visuellement probant qui revient avec soin sur les moments forts de la vie de la diva.

"La vie m’est insupportable. Pardonnez-moi." Avant de se donner la mort par surdose de barbituriques dans son domicile de Montmartre, dans la nuit du 2 au 3 mai 1987, la chanteuse Dalida laissa ce mot déchirant à la probable attention de son public. Constat lapidaire d’une fleur qui refusa la fanaison, d’une diva grandiose tout aussi fusillée de lasers que de drames intimes, d’amours contrariés et de maternité inassouvie. Un message funeste qui tient lieu de pierre angulaire à ce biopic de Lisa Azuelos, laquelle a voulu, dans un geste de réhabilitation hagiographique, expliquer et excuser cette sortie de scène.


Pour ce faire, la réalisatrice de Comme t’y es belle s’est donc attachée à raconter de manière détaillée et ramassée toute la trajectoire de son sujet. C’est ainsi qu’elle entend apprécier, comprendre et immortaliser chacune des décisions de la chanteuse. Bien que scolaire et illustrative, à défaut d’être incarnée, sa mise en scène accompagne Dalida avec application dans toutes les étapes cruciales de son existence : de sa naissance au Caire en 1933 à ses derniers jours de spleen en passant par son premier Olympia en 1956. Un portrait où la vie et la mort, la joie intense et la tristesse immense huchent d’un trottoir à l’autre du destin. 

Une actrice prodigieuse

A l’écran, l’actrice italienne Sveva Alviti ne se contente pas uniquement de faire marcher à plein régime les soupapes du mimétisme. Si le maquillage, la coiffure et les costumes, tous impeccables, l’aident dans son labeur, on lui sait gré d’avoir accédé, grâce à un talent monstre, à ce fameux supplément d’âme qui caractérise les grandes interprétations. C’est elle qui habite le film et qui le rend si émouvant, dans ses moments musicaux comme dans les instants plus privés. Il faut dire que la route tumultueuse empruntée par Dalida, à son grand dam, lui a offert une matière filmique et dramaturgique absolument vertigineuse.


Par ailleurs, au-delà de la relation fraternelle qui liait la chanteuse à son frère Orlando, c’est du côté des histoires d’amour que Lisa Azuelos a beaucoup creusé. Il y a eu le chanteur Luigi Tenco, Lucien Morisse, patron de la radio Europe n°1 ou Richard Chanfray, dit le Comte de Saint-Germain… Des hommes que Dalida a aimés passionnément et dont les mots et les gestes ont façonné la mélancolie lancinante de sa musique. Qu'on se le dise : il nous a sûrement été donné de voir des biopics plus assurés, plus viscéraux. Mais ce Dalida a le double mérite de divertir et de toucher les coeurs. Tout en donnant la furieuse envie de se replonger dans le riche répertoire de l’interprète d’"Il venait d’avoir 18 ans". 

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"Dalida", le biopic-hommage 30 ans après sa mort

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