Après l’avoir vu dans "Detroit", vous n’oublierez plus jamais le nom de Will Poulter

Après l’avoir vu dans "Detroit", vous n’oublierez plus jamais le nom de Will Poulter

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ZOOM - Le comédien britannique Will Poulter, 24 ans, incarne un flic raciste dans "Detroit", le nouveau film de Kathryn Bigelow qui fait le récit des émeutes qui ont secoué la ville américaine, en 1967. Une performance glaçante dont on n’a pas fini d’entendre parler.

Sa tête vous dit quelque chose, non ? La première fois qu’on a croisé sa bouille démoniaque, Will Poulter était encore un petit garçon. C’était en 2010 et ce fils d’un grand chirurgien londonien incarnait Eustache Scrubb, l’insupportable cousin des héros du Monde de Narnia 3 qu’un mauvais sort transformait en dragon... Sept ans plus tard, ses partenaires dans le blockbuster pour enfants ne donnent plus de nouvelles. Lui, en revanche, est devenu l’un des jeunes talents les plus demandés à Hollywood. 


Après avoir fait un tour en 2014 par Le Labyrinthe, le blockbuster young adult qui a cartonné au box-office, l’acteur prête un an plus tard ses traits encore adolescents à Jim Bridger, l’un des trappeurs qui trahit Leonardo DiCaprio, alias Hugh Glass, dans The Revenant de Alejandro Gonzales Inarritu. Dans Detroit, le nouveau film de Kathryn Bigelow, en salles ce mercredi, plus question de le prendre pour un gamin.

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"Detroit" de Kathryn Bigelow, la bande-annonce

Un policier raciste

Nous sommes en 1967 et la ville du Michigan est frappée par une vague d’émeutes sans précédent opposant la population noire aux forces de l’ordre. En cinq jours, elles déboucheront sur 43 morts, 467 blessés, et environ 7.200 arrestations. La réalisatrice oscarisée de Démineurs a choisi de braquer sa caméra commando sur une épouvantable bavure commise dans l’enceinte du motel Algiers par un trio de policiers racistes, la nuit du 23 juillet. Will Poulter joue leur leader, Philip Krauss, un mélange de plusieurs flics ayant réellement existé. 


"Pour faire ce film, j’ai d’abord dû m’éduquer au sujet de la révolte de 1967, et de ce drame en particulier car je n’en avais jamais entendu parler, prend soin de préciser le comédien. Pour ce qui est du personnage, c’était très difficile. Il est tellement corrompu et malveillant que j’ai dû faire comme si je fermais les yeux sur la vérité et sur la contribution des personnes de couleur à la société à l’époque et de nos jours. C’est ce que font les racistes, ils vivent dans un système de pensée rempli de mensonges et de contrevérités."

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Will Poulte : "Les racistes vivent dans un système de pensée rempli de mensonges et de contrevérités"

Après une première partie qui raconte les heures qui précèdent le drame, en suivant différents points de vue, Kathryn Bigelow plonge le spectateur dans un huis-clos qui révolte autant qu’il serre le cœur. "Nous avons tourné les scènes au motel pendant trois semaines complètes", se rappelle Will Poulter. "C’était très intense et très éprouvant pour tout le monde mais j’ai toujours du mal à parler de difficulté lorsqu’on imagine les violences que ces gens ont subies ce soir-là", tempère l’acteur de 24 ans avec la sagesse d’un vieux briscard.

En route pour l'Oscar ?

De même qu’il calme nos ardeurs lorsqu’on lui dit que sa performance glaçante pourrait bien lui valoir sa première nomination aux Oscars. "Ce serait un joli bonus, mais pour nous ce qui compte c’est que ce film ait un impact social et politique, insiste-t-il très sérieux. Qu’il attire l’attention du public sur des problématiques très actuelles. De ce point de vue c’est une mine d’informations." C’est très politique, aussi, qu’il évoque sa décision retentissante de ne pas incarner Grippe-Sou, le clown tueur de Ça…

Pour mémoire Will Poulter était le premier choix des producteurs du film avant le départ du réalisateur Cary Fukunaga, remplacé par Andy Muschietti. "Je suis ravi pour lui, et je trouve le film très bien fait, assure-t-il un brin gêné. Et je trouve que Bill Skarsgard (son remplaçant à l’écran – ndlr) a fait du très bon boulot. C’est une décision qu’on a pris ensemble avec Andy parce que nous avions une vision légèrement différente du personnage. Nous nous sommes séparés de manière très élégante et j’espère rester en bons termes avec lui comme avec le studio." Ce garçon ira loin, on vous le dit.

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