Coup de gueule : "Rocco", un docu complaisant et racoleur qui dégrade l’image de la femme

CRITIQUE - Il est devenu chic, intello, d’honorer la contre culture : aussi, Rocco Siffredi, étalon fait homme, porno star ultime, était-il un sujet de documentaire rêvé. Mais sous couvert de culture, Thierry Demaizière et Alban Teurlai nous vendent du porno, du vide, et ce qui semble être une mascarade.

Rocco a tourné 1500 films, baisé avec 5000 filles de tous âges (car Rocco aime les femmes, toutes les femmes, belles, jeunes, vieilles, moches) et vendu le rough sex (le sexe violent, tendance SM) comme la normalité aux ados prépubères et amants en devenir. Mais Rocco n’est pas qu’un membre démesuré. Il a aussi un cœur, des doutes, des traumas. Et le plus grand d’entre eux, c’est qu’il aime trop le sexe. C’est sa croix, son sacerdoce : il aurait pu être curé (le souhait de mamma), il a préféré donner du plaisir à ces dames (avec la bénédiction de mamma). 


D’ailleurs, toutes rêvent de tourner avec lui. Elles ont peur de l’engin mais Rocco est une star et peut leur ouvrir les portes du paradis du X. Alors, elles y vont, à reculons, comme cette fille de l’Est terrifiée et visiblement plus en quête de cash et de gloire que de plaisir. Mais Rocco est sympa, alors il rend service : parce qu’on vous le répète, il a une belle âme. D’ailleurs, c’est un gentil papa pour ses deux fils de 17 et 20 ans, portés en étendard de la respectabilité. Et c’est un bon mari pour sa jolie épouse qu’il chérit plus que tout (mais moins que mamma). Il la respecte, comme toutes les femmes. 

Rocco, le dernier des acteurs hard

La soumission comme moyen de reprendre le pouvoir ? Mouais...

C’est sans doute pour cela qu’il vient en aide à des filles perdues qui ne cherchent qu’à fuir la misère ou qu’il avilit ses consoeurs depuis 30 ans lors de ses galipettes. Mais les réalisateurs du film ont trouvé la parade à cette critique potentielle : la soumission serait, contrairement aux idées reçues, un moyen de reprendre le pouvoir, d’assumer sa féminité jusqu’au bout. Et si c’est Kelly Stafford, partenaire rough de Rocco qui le dit face caméra, on ne peut qu’acquiescer. Mouais...


De toute façon, on n’est pas là pour parler porno, mais pour parler de Rocco, l’homme derrière la b... D’ailleurs, pas l’ombre d’une pénétration ou d’une fellation à l’image. Juste des nichons, des nanas à poil, des bouches ouvertes et gémissantes ou encore la démonstration d’une jeune fille de 20 ans qui veut prouver à Rocco qu’elle n’a rien à envier à gorge profonde. Mais, ça, ce n’est pas du porno, ce n’est pas racoleur. Alors, on pourrait nous rétorquer que la femme n’est pas le sujet du docu. Mais la superstar du X n’ayant que ce mot à la bouche, on est en droit de se poser la question et de remettre en cause l’image dégradante que le film véhicule une fois encore.

Rocco et la Siffredi Academy

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