"Choc", "ambitieux", "viscéral" : "Dunkerque" fait (presque) l’unanimité auprès de la presse française

REVUE DE PRESSE – En salles ce mercredi, le très attendu "Dunkerque" a impressionné la majorité de la critique française qui salue la mise en scène puissante du cinéaste britannique Christopher Nolan. Morceaux choisis.

Dunkerque, c’est le 10e film de Christopher Nolan, réalisateur britannique à succès de la trilogie Dark Knight, Inception et autre Interstellar. C’est surtout le récit d’un pan méconnu de la seconde guerre mondiale. En mai 1940, près de 200.000 soldats anglais se retrouvent encerclés par les forces allemandes. Leur commandant va alors lancer l’opération Dynamo, afin d’organiser leur repli dans des conditions apocalyptiques. 


Tourné sur les plages et dans les rues de la ville du Nord de la France qui donne son nom au film – Dunkirk en VO – le long-métrage a été tenu secret jusque dans la dernière ligne droite de sa sortie. Et les premiers échos de la presse française sont unanimes, du moins dans la forme… 

Il atteint une puissance émotionnelle et un souffle épique inégalésLe Journal du Dimanche

Dans Le Figaro, Eric Neuhoff ne cache pas son enthousiasme : "Dunkerque est physique, prenant, saccadé (…) Les jeunes générations vont voir ce qu'elles ont manqué. Les anciennes vont revivre de vifs souvenirs. Ça n'est pas la moindre qualité de ce film que de constituer une expérience davantage qu'un divertissement. Le choc."


Dans Le Journal du Dimanche, Stéphanie Belpeche n’en dit pas moins. Pour elle, Christopher Nolan "signe aujourd’hui son projet le plus ambitieux, le plus expérimental, le plus épuré, le plus viscéral (…) Il atteint une puissance émotionnelle et un souffle épique inégalés en orchestrant ce huis clos à ciel ouvert sensoriel et radical."

Pour Alexandre Buyukodabas, des Inrocks, Christopher Nolan n’est pas loin d’avoir signé son chef d’oeuvre : "Loin des odyssées spatiales aux ressorts abracadabrantesques ou des sagas super-héroïques encombrées par leur mythologie, il trouve dans ce matériau historique l’occasion de livrer son film le plus précis, épuré et intense."

Chez Libération, Olivier Lamm et Didier Péron reconnaissent ne pas être des fans absolus du cinéaste britannique. Mais respectent son ambition formelle : "Pour peu que l’on surmonte la volonté du film à abasourdir plutôt qu’à engager sur la voie d’une quelconque pensée, le dispositif établi par le cadre et le montage produit ainsi quelques tableaux de champ de bataille parmi les plus subjuguants jamais vus au cinéma." 


Jacques Morice de Télérama salue lui aussi la mise en scène : "Totale immersion au cœur de l’action : c’est le leitmotiv de ce film de guerre. Efficace, à coup sûr. Impressionnant en terme d’impact physique : on ressent de plein fouet le sifflement des balles, le souffle des bombes, la poussée des vagues. Pas de répit, le danger est permanent, sans cesse relancé."

Christopher Nolan (...) a choisi de venir tourner jusqu’en France (...) mais pour mieux l’ignorerLe Monde

Le principal bémol à l’encontre du film est résumé par Jacques Mandelbaum qui, dans Le Monde, déplore le tropisme anglo-saxon du film qui met de côté les 120.000 soldats français évacués. Et les 40.000 qui se sont sacrifiés pour défendre la ville. "Christopher Nolan – de père anglais, de mère américaine, d’obédience hollywoodienne – a choisi de venir tourner jusqu’en France, d’y faire pleuvoir la manne d’un blockbuster, d’y mener une promotion d’enfer, mais pour mieux l’ignorer, in fine, dans son film. Sauf son respect et la dette éternelle que la France doit à ses libérateurs, il y a là comme une cinglante impolitesse, une navrante indifférence."

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