"Encore Heureux" : Edouard Baer et Sandrine Kiberlain tentent une sortie de crise

"Encore Heureux" : Edouard Baer et Sandrine Kiberlain tentent une sortie de crise

CRITIQUE – En salles ce mercredi, la comédie "Encore heureux" de Benoît Graffin évoque les affres de la crise et du chômage à travers le cheminement d’une famille sur les nerfs. Le résultat, sous ses allures mignonettes, ne manque pas de causticité.

Du jour au lendemain, Sam (Edouard Baer) est remercié par la société qui l’employait en qualité de cadre sup. Dépité et tête baissée, il tente d’accuser le coup, s’accordant quelques pas dans cette maison cossue où se bousculent joyeusement femme (Sandrine Kiberlain) et enfants. C’est sur ces images que s’ouvre le long métrage de Benoît Graffin, avant qu’une ellipse ne badigeonne le tableau de ténèbres. Un bond temporel plus tard et voilà en effet la famille sur la paille, prisonnière d’une miteuse et minuscule chambre sur les toits d’un immeuble parisien de grand standing.

Eloge du démerdage

Le cinéma français et la crise économique semblent décidemment faire bon ménage. Après notamment Discount  ou La loi du marché, le scénario d’Encore Heureux puise sa substantifique moelle dans les galères que vit quotidiennement une grande partie de la population française. Ici, c’est le chômage prolongé du père qui précipite la smalah dans un incommensurable marasme. Il y a la mère, excédée par la prostration de son époux – lequel revend sur eBay des objets onéreux abandonnés par ses voisins nantis – ; la fille ainée, qui aimerait devenir pianiste ; le petit dernier, bout de gamin qui perd pied dans l’étroitesse des lieux.

Grâce à un équilibre aussi précaire que ses protagonistes, cette comédie pétillante parvient avec les honneurs à se distinguer du tout-venant, ne lésinant jamais sur l’humour noir et le politiquement incorrect – voler les plus riches ou les supermarchés y est considéré comme une technique de survie. En faisant par ailleurs fi d’une mise en scène dépersonnalisée et d’une mécanique (un peu trop) huilée, les péripéties fantaisistes des personnages, dextrement incarnés, fleurent ce qu’il faut de culot, de cruauté et de répliques vachardes pour surprendre gentiment. Une recette davantage poivrée eut été plus savoureuse, bien que celle-ci se déguste goulûment.      

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