VIDÉO - Michel Hazanavicius, président du jury au Festival de Deauville : "J’ai plus envie d’être copain avec Woody Allen qu’avec Les Affranchis"

INTERVIEW - Président du jury au 43e Festival de Deauville, le réalisateur Michel Hazanavicius, réalisateur de "The Artist" et du "Redoutable", en salles le 13 septembre, révèle tout ce qu'il aime dans le cinéma américain.

Le rêve américain. Quand on préside le Festival de Deauville, c'est logique, il faut aimer le cinéma made in USA. Et plus que ça, Michel Hazanavicius, aux manettes de cette 43e édition (qui se déroule jusqu'au 10 septembre), le chérit. Pour preuve, son plus grand succès, "The Artist", traitait d'Hollywood et de la fin du cinéma muet pour passer aux films parlants. Mais les références américaines du réalisateur français ne se sont pas arrêtées aux années 1930, comme il l'a confié à LCI.

LCI : Quels films vous ont donné envie d’aimer les Etats-Unis ?

Michel Hazanavicius : Je dirai les films de Woody Allen, enrichis par ceux de Martin Scorsese. Mais je continue de citer les films de Woody Allen, parce que plus cools, plus accueillants que ceux de Scorsese. J’ai plus envie d’être copain avec Woody Allen qu’avec "Les Affranchis". Parmi les films de Woody Allen, je citerai "Manhattan" qui est le plus iconique sur New York, sa ville. Un film qui donne l’impression à beaucoup de Français, lorsqu’ils y débarquent la première fois, de tout connaître et d’être déjà venu.

LCI : Et un film qui, selon vous, a été une célébration de la face sombre des Etats-Unis ?

Michel Hazanavicius : J’ai toujours pensé que c’était le bordel un peu partout. Il y a autant de visions de l’Amérique que de gens dans le monde. En France, on continue à réfléchir sur ce que signifie "être français". Aux Etats-Unis, je ne sais pas trop ce que c’est. J’ai été élevé en regardant des westerns, des Disney une fois par an. Là, pour le coup, c’est la célébration de valeurs républicaines. Quoique… Les westerns étaient quand même assez sauvages, les personnages étaient réduits à des rapports de force. C’est vrai que lorsque vous découvrez Scorsese ou Cassavetes, vous découvrez des cinéastes un peu moins conformistes, ça donne une autre image. Cette célébration de la face sombre existe depuis longtemps, au fond. Quand vous regardez les films de Tod Browning, de Charlie Chaplin et de Billy Wilder, ce sont des contestataires. Des gens qui travaillent sur les failles de l’américanisme triomphant.

LCI : Existe-t-il des périodes du cinéma américain que vous préférez ?

Michel Hazanavicius : Le cinéma des années 70, celui que l’on a coutume d’appeler le Nouveau Hollywood, avec des cinéastes qui ne sont pas porteurs de valeurs triomphantes et qui prennent le pouvoir au sein des studios, appartient à cette période enchantée. Des Scorsese, des Coppola, des Hopper, des Ashby ont pris la parole et le pouvoir. Cette période, tout le monde l’aime et elle est très connue. Mais les polars des années 40 me fascinent autant. Ce sont des modèles du genre. J’aime les films de la fin des années 50, comme ceux d’Hitchcock. J’aime aussi les westerns des années 60 comme "Les Sept Mercenaires". Mais ce n’est pas seulement par périodes, ce sont aussi des studios. Par exemple, la MGM lorsqu’elle fait des comédies musicales. Si vous aimez les comédies musicales, vous réalisez qu’il en existe des bonnes un peu tout le temps. Dans les années 50, vous avez "West Side Story". Dans les années 30, vous avez les Fred Astaire. Vous avez de tout dans le cinéma américain.

LCI : Un cinéaste américain qui a été une révélation ces dernières années ?

Michel Hazanavius : Paul Thomas Anderson, le réalisateur de "Magnolia" et "There Will Be Blood". Ce qu’il installe de film en film s’avère très impressionnant. J’adore le cinéma de David Fincher, de Quentin Tarantino, des frères Coen... J’en oublie, évidemment...

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