Gérardmer 2016 : quelles sont les bases pour devenir maquilleur au cinéma ?

Gérardmer 2016 : quelles sont les bases pour devenir maquilleur au cinéma ?

TECHNIQUE - Sans le grimage, le cinéma (de genre notamment) ne serait pas ce qu’il est. A Gérardmer, metronews a rencontré Karine Rzepka, professeur principal et maquilleuse à la TV & Cinéma Academy. L’intéressée est revenue avec passion sur les trois grands axes d’apprentissage de ses étudiants. A vos bloc-notes.

 Le travail de colorimétrie
"Il s’agit là de s’adapter aux couleurs primaires et secondaires du cercle chromatique pour être la meilleure force de proposition et de création possible. C’est vraiment la base absolue de ce métier. Dans le cinéma d’horreur, comme dans tous les autres genres - je pense à Monster, J. Edgar ou Dallas Buyers Club -, il est important de faire une analyse de la peau, d’en scruter la couleur et la texture. Elle peut être composée de rose, de jaune, de vert ou de bleu dans certains cas. Il faut aussi savoir composer avec la matière pour que, par exemple, le vert du visage de Frankenstein soit probant ou que la gamine possédée de L’exorciste fasse flipper les spectateurs. Pour Les Griffes de la nuit de Wes Craven, les prothèses étaient en mousse de latex blanc-jaune. Du coup, il fallait trouver la bonne formule pour que le visage de Freddy Krueger soit rose-rouge. Il convient également de savoir s’adapter aux prothèses actuelles en silicone."

 Une connaissance anatomique et physiologique 
"C’est une facette très importante du maquillage, notamment quand il s’agit de faire des effets spéciaux. Il est en effet important - à moins de verser dans un côté série Z à gros renfort de scènes caricaturales - de comprendre comment fonctionne le corps humain afin de se rapprocher au plus près de la réalité. Tenez, The Descent en est une excellente illustration (ce film de Neil Marshall  sorti en 2005 retrace l’enfer vécu par six femmes spéléologues, ndlr). Un des personnages se casse la jambe à un moment donné, la plaie est ouverte, l’os sort et c’est magique. Parce qu’on y croit à 100%. Vous savez, pour décupler la peur ou le malaise du spectateur, il faut que chaque détail paraisse vrai. Pour cela, il est important de connaître l’ossature du corps humain, de savoir quelle zone saigne plus qu’une autre, ect. Ces connaissances aident considérablement quand il est question d’aborder un film de guerre ou un thriller avec des autopsies."

 Une maîtrise de l’environnement
"Nous mettons régulièrement nos élèves en situations réelles. Choisir les produits en fonction du climat est indispensable si on veut éviter de multiplier les retouches. La pertinence du choix des produits, selon d’autres critères (type de peau du comédien, laps de temps imparti…), nous permet de faire gagner du temps à l’équipe de tournage. (…) Mad Max : Fury Road a été tourné dans le désert de Namibie, où les températures souvent extrêmes engendrent des changements d’un point de vue physiologique. Lorsqu’il fait très chaud, les prothèses ont beaucoup plus de difficultés à tenir à cause de la transpiration. Il faut à cet effet préparer la peau en utilisant des produits dégraissant et des colles résistantes à l’humidité. C’est un peu le même principe pour les films d’action comme Avengers. A l’opposé, on peut citer The Revenant avec Leonardo DiCaprio (en salles le 24 février, ndlr) tourné dans le grand froid. La peau va cette fois avoir tendance à s’assécher. Il faudra par ailleurs, en collaboration constante avec le chef-opérateur, gérer les blessures différemment car l’écoulement du sang n’est pas le même que sous les tropiques."

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