Kheiron : "Mes parents ont toujours ri, malgré les tragédies : une question de survie"

Kheiron : "Mes parents ont toujours ri, malgré les tragédies : une question de survie"

HISTOIRE VRAIE – L’humoriste, également repéré dans "Bref", passe derrière la caméra pour rendre hommage à ses parents, opposants au régime iranien exilés en Seine-Saint-Denis. Rencontre.

Pourquoi avoir choisi le cinéma pour conter l’histoire de vos parents ?
C’est un sujet trop dense, avec trop de personnages, pour la scène. Je raconte la petite histoire dans la Grande et il y a une dimension sociale, familiale, politique... Sur scène, je recherche le rire, je suis uniquement dans le rythme. Là, je voulais passer du rire aux larmes en une fraction de seconde, embrasser le genre "comédie dramatique" dans tout ce qu’il implique.

Malgré la gravité du contexte, le film se permet d'être léger.
Je ne voulais surtout pas tomber dans le pathos. Mes parents ont toujours ri, malgré les tragédies : une question de survie. Leur rendre hommage, c’était respecter ça aussi. Et puis, l'humour permet de fédérer : j’ai bossé comme un taré pendant deux ans et j’ai envie que mon film soit reçu par le plus grand nombre.

Vos parents étaient conseillers techniques sur le film ?
Mieux que ça : j’ai écrit suite à des heures d’interviews avec eux. Ce sont les vrais auteurs de l’histoire : je ne suis que le mégaphone qui rend tout ça un peu drôle et accessible.

"Ce film n’est pas vaguement inspiré d’une histoire vraie. (...) C’est une histoire vraie !"

Y a-t-il une part de fiction ?

Pas dans les faits. Tout a existé : la prison, l’exil, les associations à Stains, la Légion d’honneur de mon père...  Ce film n’est pas vaguement inspiré d’une histoire vraie, comme 90% des films qui sortent. C’est une histoire vraie !

La banlieue que vous montrez, optimiste malgré les difficultés,  c’est aussi celle que vous connaissez ? 
Complètement. Et ça n’a rien d’utopiste. La banlieue est pleine de personnes qui veulent s’en sortir. Je voulais montrer l’énergie positive de ces gens qui, à l’instar de mes parents,  font tout pour intégrer ceux qui posent problème au lieu de les rejeter.

Quelles valeurs cherchiez-vous à transmettre dans ce film ?

J’aimerais que chacun se mette à la place de l’autre. Mon père dit toujours : « Tous différents, tous égaux. ». Ce qui différencie les gens, ce sont leurs idées. Rien d’autre, surtout pas une couleur de peau. Il faut ouvrir le débat avec l’autre, même si ses opinions vont à l’encontre des vôtres : c’est la seule solution pour avancer.

Avez-vous signé l’appel de Calais qui dénonçait le traitement des réfugiés ?
Non. Je ne veux pas être partout à la fois et je veux consacrer mon action militante aux problématiques de l’éducation en France. L’école perd trop de talents : j’aimerais créer des solutions alternatives pour aider les gamins qui ne trouvent pas leur place dans le système actuel.

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