"La Planète des Singes Suprématie" : et si Andy Serkis, le roi de la motion capture, décrochait enfin un Oscar ?

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INTERVIEW - Il reprend pour la troisième et dernière fois le rôle de César dans "La planète des singes : suprématie", en salles ce mercredi. LCI est allé à la rencontre du comédien britannique Andy Serkis, grand manitou de la motion capture.

C’est ce qu’on appelle une fin en apothéose. Dernier volet de la trilogie La Planète des Singes : Suprématie est non seulement le blockbuster le plus spectaculaire de l’été. C’est aussi le plus émouvant grâce à la performance stupéfiante d’Andy Serkis, grand maître de la motion-capture, cette technologie qui permet d'enregistrer les expressions et mouvements d'un comédien sur un tournage pour créer d'incroyables personnages animés en 3D en studio. 


A 53 ans, ce comédien britannique, passé par le théâtre et la télévision, est certainement l’un des plus populaires de sa génération, même si son visage disparaît régulièrement derrière ses créations. Gollum dans Le Seigneur des Anneaux de Peter Jackson, c'est lui. Le King Kong du même Peter Jackson, c’est lui. Le Capitaine Haddock dans le Tintin de Steven Spielberg, c’est lui. Le suprême leader Snoke dans Star Wars : Le réveil de la Force, c’est encore lui !

Avec ce film, on avait l’opportunité d’emmener César dans un monde différent. Celui de la fureur, de la rage et de la haineAndy Serkis

Dans le film de Matt Reeves, en salles mercredi, il reprend pour la troisième fois le personnage de César, le singe génétiquement modifié dans le premier volet, sorti en 2011, relecture judicieuse du roman de Pierre Boulle. Reclus dans la forêt, il tente de protéger son clan loin de la folie meurtrière des hommes. L’intrusion nocturne d’un groupe de militaires emmenés par un colonel sanguinaire va le pousser dans ses derniers retranchements. "Avec ce film, on avait l’opportunité d’emmener César dans un monde différent. Celui de la fureur, de la rage et de la haine", nous a confié Andy Serkis, de passage à Paris.


"César a été toujours été un leader plein d’empathie, capable de trouver une solution pacifique aux conflits créés par les humains", observe le comédien. "Mais cette fois-ci, c’est personnel. Ce qui est génial, c’est qu’on invite le spectateur à se mettre à sa place. On se dit : ‘est-ce que je serais capable de pardonner ? Est-ce que je serais capable de rester logique, rationnel. Ou bien est-ce que je sombrerais dans une rage sans retour ?'".

Si le public plébiscite le travail d’Andy Serkis – il possède désormais sa propre société de motion capture, The Imaginarium Studios – la profession semble encore réticente à le reconnaître à sa juste valeur. Et si on lui décernait un jour l'Oscar de la motion capture ? "Pour moi il n’y a pas lieu de créer une récompense spécifique car c’est une performance d’acteur comme une autre", tempère l’interprète de César.


"Ils (les Oscars) devraient se pencher sur la motion capture pour comprendre ce que c’est. Je crois qu’il y a vraiment besoin d’éduquer les gens à cette technologie, notamment les acteurs plus âgés qui n’y ont jamais été exposés", observe Andy Serkis, qui réalise actuellement sa propre version du Livre de la Jungle


"Les comédiens plus jeunes y sont désormais habitués, parce qu’il y a plein de rôles qui l’emploient, dans les Marvel, etc. C’est une pratique standard dans l'industrie cinématographique désormais. Mais même la Screen Actors Guild (le syndicat des acteurs à Hollywood) a du mal à voir ça comme un réel travail d’acteur. Il y a encore une vraie déconnexion."

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