L'Italie, le fascisme, la famille et les femmes : Ettore Scola en cinq films majeurs

L'Italie, le fascisme, la famille et les femmes : Ettore Scola en cinq films majeurs

HERITAGE – Le réalisateur, mort mardi 19 janvier à l'âge de 84 ans, était le dernier grand maître du cinéma italien. On lui doit notamment des chefs-d'œuvre comme "Une journée particulière" ou "Nous nous sommes tant aimés", couronnés de nombreux prix.

Le nom d'Ettore Scola était indissociable de ceux de ses acteurs fétiches, Marcello Mastroianni, Sophia Loren, Vittorio Gassman ou encore Nino Manfredi. C'est qu'il avait su raconter comme personne l'Italie pendant près d'un demi-siècle, des années fascistes à celles des débuts du XXIe siècle. Voici les cinq films qu'il faut avoir vus pour mesurer l'apport de Scola à l'histoire du cinéma tout court.

Parlons femmes (1964)
Pour son premier film, Scola frappe fort puisqu'il réussit à engager les plus grands acteurs de l'époque, Vittorio Gassman, Marcello Mastroianni et Nino Manfredi. Le film se compose de neuf sketchs qui traitent des difficultés des relations entre hommes et femmes. Gassman y interprète le personnage central dans chacun.

Nous nous sommes tant aimés (1974)
Le film de la consécration (César du meilleur film étranger en 1977) met en scène Manfredi, Gassman et Stefano Satta Flores, tous amoureux de la belle Stefania Sandrelli, sur fond de résistance au fascisme. Stefania Sandrelli a réagi avec émotion à l'annonce de la mort du maître : "Si je devais choisir un mot entre tous, ce serait 'nous'. Il m'a transmis la magie de faire les choses ensemble, et quelles choses nous avons fait ensemble, quels films !"

Affreux, sales et méchants (1976)
Une famille très nombreuse dans une sordide banlieue de Rome, un patriarche tyrannique et infidèle, une mère qui organise son assassinat : l'humour caustique de ce film a dérouté une partie des spectateurs. Ce qui ne l'a pas empêché de remporter le prix de la mise en scène au Festival de Cannes cette année-là. Ettore Scola peindra une toute autre famille italienne, bourgeoise celle-là, dans La Famille en 1987.
 

Une journée particulière (1977)
Un film plus politique et d'une grande sensibilité où Marcello Mastroianni et Sophia Loren passent de l'affrontement à l'amour impossible, sur fond de fascisme triomphant. La scène où ces deux grands acteurs se déplacent entre les draps qui sèchent au soleil sur la terrasse du palazzo romain où ils sont restés seuls, est l'une des plus belles scènes du cinéma italien. Le film remporte un nouveau César du meilleur film étranger.

Gente di Roma (2004)
Du matin au soir, en suivant un bus qui parcourt les rues de la ville, ce film rend hommage à Rome à travers une mosaïque d'images, de personnages, de quartiers, d'histoires... Rome telle qu'elle est aujourd'hui, telle qu'elle n'était pas il y a dix ans, telle qu'elle ne sera plus dix ans après. Le dernier documentaire de Scola, Comme c'est étrange de s'appeler Federico (2013), est consacré à Federico Fellini. Les deux filles de Scola, Paola et Silvia, ont de leur côté réalisé en 2015 un documentaire sur leur père intitulé En riant et en plaisantant.

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