Mélanie Laurent et Cyril Dion rêvent d'un autre monde dans "Demain"

Mélanie Laurent et Cyril Dion rêvent d'un autre monde dans "Demain"

INTERVIEW– L’actrice-réalisatrice et Cyril Dion, cofondateur du mouvement Colibris avec Pierre Rabhi, réalisent "Demain", un documentaire sur les alternatives existantes pour construire un avenir meilleur. Rencontre avec un binôme engagé.

Mélanie, comment Cyril vous a-t-il convaincue de co-réaliser ce film avec lui ?
Mélanie Laurent. 
J’avais rencontré Cyril par l'intermédiaire de Pierre Rabhi et il m’avait proposé de me montrer des initiatives qui "changent le monde". Il m’a alors emmenée à la ferme de permaculture qui est dans le film. Nous avons fait le trajet ensemble et nous nous sommes découverts les mêmes goûts, les mêmes envies, les mêmes colères... Au retour, il m’a parlé de son scénario : je venais d’être maman et j’avais particulièrement envie et besoin de faire partie de ce genre d’aventure positive et constructive. J’ai refusé des films pour me consacrer 100% à Demain.

Mais pourquoi un tel projet précisément ?
M.L.
On me demande souvent de faire une photo pour servir une cause et basta. Mais là, on m'offrait de faire mon métier de réalisatrice. Cela avait du sens. Comme j’ai le bon réseau et que je connais ce métier, je pouvais porter ce projet et ne pas simplement donner mon image.
Cyril Dion. Sans elle, je n’aurais jamais pu faire ce docu. Elle a non seulement l’aura nécessaire mais elle a aussi un talent incroyable. J’avais adoré Les Adoptés et j’avais envie de cette poésie, cette sensibilité et cette réflexion cinématographique pour Demain.

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Demain se concentre sur les solutions possibles pour construire un monde plus solidaire, plus humain. Pourquoi ce parti-pris ?
M. L.
  On a vu ces quinze dernières années une vague de films passionnants,  nécessaires mais catastrophistes. Aucun docu pour le cinéma n’avait encore posé la question du "Que faire pour s’en sortir ?". Il était temps. 
C. D.  Avec le mouvement Colibris, j’ai beaucoup parlé des catastrophes écologiques mais alarmer sapait l'énergie aux gens. Trouver une idée pour donner envie de construire différemment notre avenir est alors devenu une obsession.

Pourquoi avoir financé le film en partie par crowdfunding ?
M.L.
Cyril ne voulait accepter l’argent de personne, d’aucune banque, entreprise... Il a donc fallu trouver une autre solution. Au début, j’étais contre le crowdfunding. Avec mon nom associé, j’avais peur que ça desserve le projet, que les réseaux sociaux ne nous soutiennent pas, que je m’en prenne encore plein la gueule...
C.D. On s’est lancé avec la trouille mais nous avons expliqué aux gens que nous voulions un film citoyen et cohérent. Et ça a marché : nous avons récolté les 200 000 euros que nous espérions en 3 jours sur KissKissBankBank et au bout de deux mois, nous avions 450 000 euros.

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Et la sortie à l’heure de la COP 21 ?
C.D.
C’était une demande de Philippe Martin lorsqu’il était ministre de l’écologie. Il voulait soutenir une initiative positive : cela nous a paru cohérent d’accepter pour mettre en lumière la vision de l’avenir que nous défendons dans le film.

Le film est résolument optimiste. L'êtes-vous dans la vie ? 
M.L.
Je vis au jour le jour mais avec de l’espoir. C’est nécessaire pour ne pas tomber dans la colère ou la dépression.
C.D. Je reprendrais la phrase de Hubert Reeves : "Je suis déterminé." Il faut y aller, ne plus se poser de questions : tout le monde peut changer les choses. C’est ça le message du film.

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