Pierre Niney : "Certaines grands-mères trouvent ça génial que l’on parle de cul librement !"

Pierre Niney : "Certaines grands-mères trouvent ça génial que l’on parle de cul librement !"

INTERVIEW – Entre deux rôles dramatiques, Pierre Niney aime s’offrir quelques comédies de qualité. Comme "Five", de son ami Igor Gotesman, en salles ce mercredi. Il y incarne avec panache le boute-en-train d’une attachante bande de potes. metronews fait le point avec lui sur cette sympathique expérience.

Devant comme derrière la caméra, Five semble être un véritable film de potes. Je me trompe ?
Pas du tout ! Je connais Igor Gotesman et François Civil depuis six ans (le trio a collaboré pour Canal+ sur la shortcom Casting(s), ndlr). Entre nous, il y a eu un coup de foudre artistique et amical. J’ai une admiration pour l’univers du premier, son écriture et sa connaissance technique des plateaux de cinéma. Quant au second, j’adore jouer à ses côtés.

Dans Un homme idéal, vous incarniez un écrivain raté qui s’approprie le manuscrit d’un autre. Là, vous jouez un jeune homme qui déserte ses études de médecine pour faire du théâtre... Vous aimez les artistes ratés, non ?
(rires) Vous avez raison, c’est une bonne remarque ! Ce sont des gens qui cachent la vérité, créent de nouvelles réalités et se retrouvent dans la merde. On ne connait pas vraiment le niveau d’acting de Sam, mon personnage, mais on sent que le gars n’est pas au point (sourire). Il veut être acteur et n’ose pas le dire à sa famille : c’est assez générationnel.

Une forme d’éloge du glandage palpite dans Five. Vous ne trouvez pas ?

Je ne sais pas… Ils sont plutôt actifs les gars ! (Réflexion) Ma génération grandit et évolue dans un contexte très précaire. La société pousse les jeunes à s’inscrire dans une dynamique individualiste. Pour moi, l’insouciance - ou ce qui peut être perçu comme du glandage - est en fait une réponse à tout ça. Se regrouper, comme le font les héros de Five, constitue un sursaut instinctif et positif.

Vous avez l’âge des personnages du film. Auriez-vous été comme eux si le cinéma ne vous avez pas tendu ses bras ?
Sur certains points, je ne suis pas si loin d’eux… Il m’arrive d’utiliser le vocabulaire qu’ils emploient comme "une petite gênance" ou "je chille". Cela dit, il y a des moments de jeunesse que je n’ai pas vécus comme tels parce que j’étais sur les routes de tournées théâtrales, avec des gens plus âgés.

"J’ai déjà pris des douches sous la pluie en slip"

Qu’enviez-vous à Samuel ?
Pas grand-chose parce que c’est un optimiste chronique qui devient mythomane compulsif. Il vit à côté de la réalité… J’aime sa fidélité en amitié, que je partage. Mes potes d’enfance, que j’ai rencontrés au primaire ou même avant, ont une place hyper importante dans ma vie. Je ne les perds jamais de vue.

Avez-vous le sentiment que Five pourrait être L’auberge espagnole de la génération Y ?

C'est le public qui décidera ! La thématique de l’amitié réunit toutes les générations. Lors des avant-premières, je me suis rendu compte que certaines grands-mères trouvent ça génial que l’on parle de cul librement, comme ça… Ce n’est pas grave de rire de l’humour gras ou régressif… En France, on boude son plaisir très facilement. Les gens se marrent parfois comme des oufs et, en sortant de la salle, ils estiment qu’ils n’ont pas le droit d’avoir aimé.

Vous parlez des critiques là ?
Oui mais pas que… On a assumé la comédie à fond, sans lisser, sans mélodrame. Cela nous parait naturel quand les Anglo-saxons le font. Mais quand ça se passe en France, on nous reproche le manque de drame, de fond politique… C’est un genre à aborder sérieusement : faire rire est un exercice ardu !

Quelle est la chose la plus folle que vous ayez faite par amitié ?
Je suis déjà allé en pleine nuit en Espagne pour consoler un ami qui s’était fait larguer. J’aime aussi les défis : j’ai déjà pris des douches sous la pluie en slip, dans les rues de New York, pour ne pas décevoir les potes !
 

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