Promouvoir échoue à faire interdire "Les Huit Salopards" de Tarantino

Promouvoir échoue à faire interdire "Les Huit Salopards" de Tarantino

CENSURE - Après avoir fait perdre le visa d'exploitation du film "La Vie d'Adèle", l'association réactionnaire s'en est pris au dernier western de Tarantino, accusé de comporter une longue séquence violente. Raté : la justice a rejeté le recours.

La scène est oppressante, pleine d'angoisse et de suspens et s'étend sur de longues minutes. Logiquement, elle n'a pas plu à l'association Promouvoir, récemment partie en guerre contre les films trop emplis de sexe et de violence. Le 7 février, l'association conservatrice s'en prenait au film Les Huit Salopards"  de Quentin Tarantino, sorti en salles deux mois plus tôt... En vain. Le recours a finalement été rejeté ce jeudi 18 février par le juge des référés du tribunal administratif de Paris.

L'association Promouvoir estimait, entre autres, que l'interdiction du film aux adolescents de moins de 12 ans n'était pas suffisante et que le ministère de la Culture et la Commission de classification des films du CNC (Centre National du Cinéma) avaient manqué à leur devoir.

La réponse du tribunal

Selon le juge, "aucun des moyens invoqués par l'association Promouvoir ne paraît, en l'état de l'instruction, de nature à jeter un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée." Il souligne, dans son ordonnance, "la manière dont les scènes litigieuses sont filmées et s'intègrent dans l'ensemble" du film, mais aussi "l'absence de tout réalisme s'attachant à la mise en scène ou de toute forme d'incitation à la violence du fait même du parti-pris, volontairement excessif, de cette oeuvre cinématographique".

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Des "scènes inadmissibles" (SPOILERS)

L'association Promouvoir reproche aux Huit Salopards, long western de trois heures, de comporter   "plusieurs scènes inadmissibles" dont cette "très longue séquence" apparemment choquante : l'un des personnages du huis-clos, incarné par Samuel L. Jackson, raconte comment il a imposé une fellation au fils d'un général sudiste fait prisonnier et grelottant dans le froid. L'illustration de la scène est forte et marquante, mais loin d'être une première au cinéma.

Cette défaite arrive après une longue croisade de la part de l'association rétrograde. En moins d'un an, elle a obtenu l'annulation du visa d'exploitation du film Antichrist de Lars Von Trier (l'interdiction aux moins de 16 ans sera réexaminée), celui de La Vie d'Adèle  d'Abdellatif Kechiche (jusqu'ici interdit aux moins de 12 ans) et ceux de Saw 3D  de Kevin Greutert et Love  de Gaspar Noé, qui sont interdits aux moins de 18 ans depuis l'action de Promouvoir.

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