Ramzy Bedia: "Le héros de "Hibou", c’est moi pendant l’enfance"

Ramzy Bedia: "Le héros de "Hibou", c’est moi pendant l’enfance"

INTERVIEW – Ramzy, la moitié artistique d’Eric Judor, se lance pour la première fois dans la réalisation en solo avec "Hibou", récit aux accents autobiographiques et au ton très singulier. Rencontre avec le cinéaste débutant.

Comment est née l’histoire étonnante de Hibou ?
J’avais vu une pub sur Youtube avec un mec en rogne déguisé en panda. Je me suis alors dit qu’il devait être énervé parce que personne ne le voyait malgré son gros costume. L’idée est partie de là. Chemin faisant, j’ai eu l’idée d’une histoire d’amour et j’ai refilé la panoplie du panda à la fille. Et comme en écrivant, je pensais beaucoup à mon père que l’on surnommait "le grand duc", j’ai pris le costume du Hibou pour lui rendre hommage.

Qu’y a-t-il de votre père dans ce film ?
Il avait cette même discrétion, cette même dignité, ce même port de tête que le personnage du papa dans Hibou. Il serait d’ailleurs ravi que j’aie choisi Guy Marchand, son acteur préféré, pour l’incarner.

Et qu’y a-t-il de vous dans Hibou ?

Beaucoup de choses. Cet homme que personne ne voit mais qui veut être vu, c’est moi pendant l’enfance et l’adolescence. J’étais le seul enfant issu de l’immigration dans une école privée catholique et j’essayais d’appartenir au groupe et d’être invité aux boums. Mais je ne l’étais jamais. A l’époque, ça me blessait beaucoup. Aujourd’hui, je sais que c’est aussi ce qui m’a fait. Mais passer du petit gars de cité élevé à onze avec un smic à une vie où tout va bien pour ma famille et moi a été assez violent. J’avais besoin de parler de ce changement, d’exorciser quelque chose. Alors, j’ai fait un film.

Lequel, singulier et poétique, pourrait surprendre vos fans.
Je n’ai pas cherché à montrer une autre facette de moi mais c’est arrivé. J’ai juste fait un film qui me ressemble. Dans la vie, je suis bien sûr celui qui fait le con avec Eric mais je suis aussi ce que je montre dans Hibou. Quelqu’un de plus sensible.

Comment joue-t-on quand on est planqué sous le costume ?
Quand j’ai compris que je ne voulais pas en faire un film potache mais l’histoire d’un homme qui est dégouté qu’on ne le voie pas, je me suis dit qu’il fallait jouer comme s’il n’y avait pas de costume. J’en ai juste fait le moins possible.

Le passage à la réalisation en solo était un lointain désir ?
Ce n’était pas un saut dans l’inconnu car j’avais déjà co-réalisé Seuls two avec Eric. Et je tournais autour de la réalisation depuis trop longtemps pour ne pas me lancer seul un jour. Cette histoire-là a été l’évidence : personne n’aurait pu me l’enlever. Il y a trop de choses de moi.

Avez-vous de nouveaux projets avec Eric qui fait une apparition dans le film ?
Nous voulons refaire un spectacle, peut-être d’ici deux ans quand nous aurons fini nos projets cinéma. Je suis notamment en train d’écrire mon second long-métrage, qui parlera de ma mère cette fois. Et j’ai quatre films à venir en tant qu’acteur, dont le prochain Lelouch et Spirou et Fantasio dans lequel je jouerai le méchant.

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