"The Last Girl" : le film de zombies anglais qui n’a rien à envier à "The Walking Dead"

ON AIME – Premier film du réalisateur Colm McCarthy, "The Last Girl" met en scène des enfants infectés par un mystérieux virus qui leur donne envie de dévorer tout ce qui bouge. Ou l’adaptation réussie d’un roman à mi-chemin entre young adult et horreur pure.

En 2014, la petite maison d’édition française L’Atalante publiait Celle qui a tous les dons (The Girl with all the gifts en VO), un surprenant roman dont la couverture jaune ne laisse guère augurer du contenu. Une petite merveille, entre young adult et horreur pure, signée Mike "M.R." Carey. Scénariste pour Marvel et DC Comics, ce natif de Liverpool a, à l’époque, la bonne idée d’en rédiger également l’adaptation cinématographique. 


The Last Girl, c’est son titre français, sera mise en scène par Colm McCarthy, jeune réalisateur de série à succès (Peaky Blinders, Doctor Who, Sherlock) dont il s’agit du premier long-métrage. Et le résultat est plutôt séduisant, sans doute le meilleur film de zombies made in Britain depuis 28 jours plus tard de Danny Boyle, il y a 15 ans déjà.

Le film, comme le livre, débute dans les sous-sols blâfards d’une base militaire où Miss Justineau, une jolie prof en uniforme, fait la classe à un groupe d’élèves harnachés des pieds à la tête. Et pour cause : ce sont des "affams", des mini-zombies en puissance, prêts à libérer leurs instincts cannibales à condition de ne pas sentir (trop fort) la chair fraîche. 


Parmi eux, il y a Melanie, une gamine passionnée de littérature antique, tellement admirative de sa professeure qu’elle parvient à réprimer ses pulsions mortifères. Sera-t-elle la prochaine à passer sous le scalpel du Dr Caldwell, à la recherche de l’antidote qui sauvera l’humanité d’une fin certaine ?

Des pages à l’écran, The Last Girl est une variation habile d’un univers archi-saturé ces dernières années, à commencer par le comics The Walking Dead et sa version télé. Si la réalisation est particulièrement léchée – mention spéciale à la bande-originale, envoûtante – c’est la relation ambigüe entre Melanie et Miss Justineau qui donne le tempo au récit, de ses rebondissements spectaculaires aux interrogations qu’elle soulève. 


Blanche et blonde dans le livre, Melanie a ici les traits de la jeune métisse Sennia Nanua, une vraie révélation. A ses côtés, la divine Gemma Aterton livre une performance impeccable. Mais c’est une Glenn Close méconnaissable, cheveu court, regard glaçant, qui leur vole la vedette en scientifique borderline.

Comme le roman, le film de Colm McCarthy a tendance à tourner un peu rond dans sa deuxième partie, ses personnages errant dans un no man’s land qu’on devine sans issue. Mais par petites touches inventives  – les zombies qui dorment debout, ça existe, vous verrez - et grâce à un final écolo repensé pour le cinéma, The Last Girl s’impose comme une jolie surprise pour les amateurs de films de genre.

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