VIDÉO - Cédric Klapisch, réalisateur de "Ce qui nous lie" : "Faire du vin, c’est tout sauf ringard !"

INTERVIEW – Dans "Ce qui nous lie", le réalisateur français Cédric Klapisch quitte le tumulte de la grande ville pour poser ses caméras dans les vignes de Bourgogne le temps d’une belle chronique familiale. LCI l’a rencontré.

"Le premier jour de tournage, j’ai réalisé que je n’avais jamais filmé dans un endroit calme", sourit Cédric Klapisch. Et pour cause : de Riens du tout à Paris, en passant par L’Auberge espagnole et Peut-être, où il imaginait une capitale ensablée, le réalisateur français a toujours posé ses caméras dans le chaos urbain pour ausculter les grands maux et les petits travers de nos contemporains. A contrario, Ce qui nous lie, en salles ce mercredi, se déroule dans les vignes de Bourgogne où Jean (Pio Marmaï), l’aîné d’une fratrie qui a grandi dans les vignes, revient après dix ans d’absence lorsque son père est sur le point de mourir...

Je ne pouvais pas parler de ce monde en le filmant pendant un moisCédric Klapisch

Dans la maison de son enfance, notre héros retrouve Juliette (Ana Girardot), sa sœur, mais aussi Jérémie (François Civil, découvert dans Five avec Pierre Niney), son jeune frère. Le début d’une réunion de famille compliquée, à la fois drôle et mélancolique, que le cinéaste a filmé sur une période d’un an, un choix plutôt rare au cinéma, ne serait-ce que pour des considérations économiques. "Je ne pouvais pas parler de ce monde en le filmant pendant un mois", explique Cédric Klapisch. 


D’où l’idée d’écrire une histoire qui se déroule "des vendanges aux vendanges, pour voir le cycle des saisons et mettre ça en rapport avec les gens de cette famille." Pour l’anecdote, acteurs et techniciens, encadrés par les vignerons de la région, ont fabriqué leur propre cuvée, dégustée pendant la promo du film...

Né à Neuilly-sur-Seine en 1961, Cédric Klapisch revendique son côté citadin. Et les contradictions qui vont avec. "Je suis Parisien mais j’ai besoin de fuir Paris, avoue-t-il. Je déteste ce côté snob, faussement branché de la vie parisienne. Plus je vais à la campagne, et plus je découvre que la campagne, c’est moderne c’est branché !" 


Pour le cinéaste, Ce qui nous lie est aussi une manière de casser les clichés sur une partie de la France et des Français trop souvent caricaturée par les médias. "Il y a une nouvelle campagne, de nouveaux vignerons. Ce film voulait aussi parler de ça. On a l’impression qu’il y a quelque chose dans la fabrication du vin qui va être traditionnel, vieille France, ringard. Qui va sentir un peu le moisi. Au contraire !".

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