Ces films qui racontent Jean Rochefort

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GÉANT - Décédé ce lundi à l'âge de 87 ans, Jean Rochefort est intimement lié au cinéma français des 50 dernières années. D'"Angélique, marquise des anges", son premier rôle marquant en 1964 à "L'homme du train" en 2002, en passant par "Le grand blond avec une chaussure noire" et "Le crabe-tambour", nous avons sélectionné les films qui reflètent le mieux sa personnalité.

Décédé ce lundi à l'âge de 87 ans, Jean Rochefort est l'un des comédiens les plus marquants de la seconde moitié du XXe siècle et du début du XXIe siècle. Après son premier film en 1955 (Rencontre à Paris), il enchaîne les petits rôles puis les seconds rôles avant de prendre plus en plus d'importance à partir de 1966 avec Angélique, marquise des anges


Parmi ses plus de 150 films, nous avons sélectionné 10, qui reflètent, selon nous, le mieux sa personnalité. Un  choix forcément subjectif.

ANGELIQUE, MARQUISE DES ANGES (1964)

Jean Rochefort a commencé sa carrière en jouant aux côtés de Michèle Mercier et Robert Hossein dans la saga des Angélique, réalisée par Bernard Borderie d'après les œuvres d'Anne et Serge Golon. Il y incarnait l'éloquent avocat François Desgrez, envoyé du roi et jouait dans deux des quatre suites : Angelique et le roy et Merveilleuse Angélique. Auparavant, Rochefort s’était fait remarquer dans Cartouche (1962) de Philippe de Broca aux côtés de Jean-Paul Belmondo et Claudia Cardinale avant de montrer ses talents dans Les tribulations d’un chinois du Chine (1965) du même de Broca. 

LE GRAND BLOND AVEC UNE CHAUSSURE NOIRE (1972)

Jean Rochefort a marqué l’inconscient cinéphile avec le personnage de Toulouse (Louis-Marie-Alphonse de son prénom), chef des services secrets français, cerné par Bernard Blier (Milan) et complice bavard de Paul Le Person, aux côtés de Pierre Richard et Mireille Darc. A la clé, un thème musical inoubliable interprété à la flûte de pan par Gheorghe Zamfir.

UN ELEPHANT, CA TROMPE ENORMEMENT (1976) / NOUS IRONS TOUS AU PARADIS (1977)

L'histoire de quatre copains (Jean Rochefort avec Claude Brasseur, Victor Lanoux et Guy Bedos), restés de grands enfants à l'approche de la quarantaine. Dans la suite, Etienne, Daniel, Simon et Bouly se lançaient dans l'acquisition d'une maison de campagne. Leurs vies sentimentales devenaient de plus en plus compliquées, mais leur amitié indéfectible leur donnait la force de braver tous les obstacles. Rochefort, pince-sans-rince, est hilarant dans le rôle du mari espionnant sa femme (Daniele Delorme).

LE CRABE-TAMBOUR (1977)

Sur un escorteur chargé d'escorter des chalutiers en direction de Terre-Neuve, un commandant et deux autres membres d'équipage se souviennent du Crabe-Tambour, un personnage qu'ils ont côtoyé et qui a participé aux guerres d'Indochine et d'Algérie. Film multi-diffusé à une époque où la télévision n'avait que quelques chaines, Le Crabe-Tambour a obtenu en 1978 trois récompenses aux César : meilleur acteur pour Jean Rochefort, meilleure photo pour Raoul Coutard et meilleur second rôle pour Jacques Dufilho. Le public fut également au rendez-vous : 1 210 796 entrées à sa sortie.

TANDEM (1987)

Tragi-comédie marquante des années 80, marquée par le duo Gérard Jugnot (avec des cheveux et sans sa célèbre moustache) et Jean Rochefort (en animateur de jeu décadent), Tandem marque un tournant dans la carrière de Patrice Leconte. Le réalisateur s'attaque alors pour la première fois à un sujet aussi sombre et mélancolique, lui qui venait d'enchaîner jusque-là plusieurs grosses comédies à succès. A noter aussi l'inoubliable chanson Il Mio Rifugio de Richard Cocciante, qui ouvre et ferme le film dans un éclat de rire et un torrent de larmes. 

LE MARI DE LA COIFFEUSE (1990)

À l'aube de l'adolescence, Antoine connaît ses premiers émois amoureux dans le fauteuil du salon de coiffure de la plantureuse madame Shaeffer. C'est sûr, plus tard, il épousera une coiffeuse. Devenu adulte (Jean Rochefort qui conserve un regard d’enfant), il rencontre en Mathilde (Anna Galiena) la coiffeuse de ses rêves. Histoire d’amour profondément romantique sur fond de fantasmes et de passion, Le Mari de la coiffeuse reste marquant pour ses scènes de danse (Rochefort, fan de musique oriental, faisant le clown pour le plaisir des zygomatiques), son érotisme et son issue tragique. L’un des films les plus sous-estimés de Patrice Leconte, assez mal accueilli à sa sortie et à juste titre réévalué par la suite. 

TOMBES DU CIEL (1993)

Les aventures d'Arturo (Jean Rochefort) dans la zone internationale de Roissy. Jean Rochefort réinventé sous l’égide de Philippe Loiret, réalisateur de Welcome. Incroyable mais vrai : Steven Spielberg avouera s’être inspiré de ce film pour Le Terminal des années plus tard. 

RIDICULE (1996)

A travers les aventures de Grégoire Ponceludon de Malavoy, issu d'une famille d'ancienne noblesse tombée dans la précarité, une étude de la cour de Louis XVI et ses antichambres à Versailles en 1780, où, déjà, la spiritualité avait pour ennemi mortel le ridicule. Ce film, avec Charles Berling et Bernard Giraudeau, avait remporté un grand succès public avec plus de 2 millions d'entrées en France. Jean Rochefort y incarnait le Marquis de Bellegarde. Lors de la 22e cérémonie des César, Ridicule avait reçu quatre César, dont celui du meilleur film et du meilleur réalisateur.

BARRACUDA (1997)

M. Clément (Jean Rochefort), vieux monsieur discret mais bougon en mal d'affection, cherche à se faire des amis. Un jeune dessinateur de BD (Guillaume Canet) emménage dans l'appartement d'en face. M. Clément cherche à tout prix à s'en faire un ami et l'invite à dîner. Leur face-à-face se transforme en un duel sans merci. Dans ce film, Jean Rochefort s’y révélait dans un registre inédit, celui de l’angoisse, face à un Guillaume Canet débutant. 

En vidéo

La vie de Jean Rochefort

L’HOMME DU TRAIN (2002)

L’homme du train racontait l’amitié inattendue entre deux personnages, joués par Johnny Hallyday et Jean Rochefort. C'est la septième fois que Jean Rochefort tournait sous la direction de Patrice Leconte après Les Vécés étaient fermés de l'intérieur (1er film du cinéaste), Tandem, Le Mari de la coiffeuse, Tango, Ridicule et Les Grands Ducs. La complicité entre les deux hommes avait fait dire à Jean Rochefort : "Mon dernier film sera avec toi. Et dans le dernier plan, je partirai en sautant à la corde". Ce ne fut finalement pas avec lui, puisque son dernier rôle fut avec Philippe le Guay pour Floride. Il avait alors 85 ans.

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