Vous ne pourrez plus voir la version longue de Nymphomaniac 1 au cinéma à cause de deux associations conservatrices

Vous ne pourrez plus voir la version longue de Nymphomaniac 1 au cinéma à cause de deux associations conservatrices

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CENSURE - Le Conseil d’Etat vient de confirmer le retrait du visa d’exploitation pour la version longue du premier volume du film de Lars Von Trier Nymphomaniac. Deux associations conservatrices avaient demandé le retrait du visa pour les deux volets mais le Conseil d’Etat n’a choisi de supprimer le visa que de la première partie, contre l’avis du rapporteur public

Il ne sera plus possible de voir la version longue de Nymphomaniac, volume 1 dans les salles de cinéma. Le Conseil d’Etat vient de confirmer la décision de la cour administrative de Paris, rendue le 12 juillet 2016.  


Le premier volet de ce film a définitivement perdu son visa d’exploitation, en tout cas pour sa version longue. Dans cette affaire, deux associations conservatrices, Promouvoir et Pour la dignité humaine, avaient demandé l’annulation du visa pour les deux parties, en raison de nombreuses scènes de sexe, filmées de manière explicite. 


La cour administrative de Paris leur avait donné en partie raison, estimant que le volume 1, interdit au moins de 16 ans dans les salles françaises, comportait "des scènes à caractère sexuel, filmées en gros plan, de manière  parfaitement réaliste et appuyée, sans aucune dissimulation des organes génitaux". Cette restriction ne touche pas en revanche la commercialisation en DVD. L'Etat devra également régler 1500 euros d'amende aux deux associations.

Le ministère de la Culture versus les deux associations

Après cette première décision, les deux associations avaient déposé un pourvoi pour que le deuxième volet du film soit lui aussi privé de son visa. Le ministère de la Culture s’en était alors mêlé et avait lui aussi déposé un pourvoi pour contester l’annulation du visa pour le premier volet. La haute juridiction a donc rejeté les deux pourvois.


Le Conseil d’Etat a décidé de ne pas suivre la recommandation de son rapporteur public, qui avait préconisé de ne pas annuler ce visa, ce qui est plutôt rare.

Ce film, diffusé en deux parties dans les salles françaises en janvier 2014 avait fait des vagues bien avant sa sortie. Lars Von Trier, le réalisateur danois déjà connu pour son esthétique radicale, avait en effet annoncé des scènes de sexe réelles et non censurées entre les acteurs. Le film raconte les pérégrinations sexuelles de Joe, une jeune femme interprétée à différentes étapes de sa vie par Stacy Martin puis Charlotte Gainsbourg.


La version du film désormais interdit est plus longue de 30 minutes. Elle a été  présentée pour la première fois à la Berlinale en février 2014 et contient davantage  d'images sexuelles en gros plan. 

Ce n'est pas la première fois que l'association Promouvoir et son médiatique cofondateur Alain Bonnet prennent position contre un film en raison de ses scènes de violence ou à caractère sexuel. L'association proche des milieux traditionalistes avait aussi demandé l'interdiction de Sausage party, La vie d'Adèle, Les 8 Salopards.  

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