La chasse aux logements étudiants est ouverte : les pièges à éviter, les bons plans à connaître

TOI MON TOIT - Le début des vacances marque aussi le début des recherches de logements pour les étudiants. Budget, taille, emplacement, les contraintes sont nombreuses et pour des milliers de jeunes cela représente parfois un parcours semé d'embûches. LCI vous donne quelques conseils pour éviter de vous faire arnaquer.

Trouver un logement à louer quand on est étudiant est parfois plus difficile que d'obtenir son diplôme : prix exorbitants, compétition acharnée entre candidats, dossier béton exigé par les propriétaires… Pour dénicher un toit à la mesure de ses moyens, il faut donc s’armer d’une bonne dose de persévérance et surtout être vigilant. Premier conseil, s’y prendre le plus tôt possible, car les arnaques profitent souvent de l’urgence dans laquelle se trouvent les étudiants qui ont des périodes très courtes pour chercher un logement, en général entre juillet et septembre.

La solution la plus économique, c’est d’obtenir un logement auprès du Crous mais malheureusement les places sont très limitées.. La plupart des étudiants devront donc se loger dans le parc privé où évidemment les loyers sont beaucoup plus chers. Deux solutions : soit passer par un agent immobilier mais il y aura une commission à payer, soit louer directement auprès d’un particulier.


Pour avoir un ordre d'idée, sachez que se loger dans un studio à Poitiers, Brest, au Mans ou à Saint-Etienne vous coûtera environ 60 % moins cher que dans la capitale, selon une étude que vient de publier le site LocService.fr - après avoir analysé plus de 35.000 demandes de locations d'étudiants -. D’ailleurs, 9 des 10 villes étudiantes les plus onéreuses se trouvent en région parisienne avec des loyers de plusieurs centaines d’euros de plus qu’en province. En dehors de l’Île-de-France, les villes étudiantes les plus chères pour louer un studio restent Nice, Lyon, Bordeaux, Villeurbanne, Aix-Marseille, Montpellier et Lille.

Fuyez les annonces trop alléchantes sur internet

Le principe est simple : les escrocs postent de fausses annonces immobilières, souvent très alléchantes, sur des sites Internet dont l’accès est gratuit. Topannonces.fr, Leboncoin.fr, LocService.fr… aucun n’y échappe. Une fois que  vous mordez à l’hameçon, ils vous demandent un dépôt de garantie ou des arrhes, via un mandat cash. Ce mode de paiement est à proscrire. Car quand vous déposez de l’argent par ce biais, un bordereau vous est remis avec un numéro d’identification. Pour récupérer l’argent, la personne mal intentionnée a simplement besoin de ce numéro, qu'elle n'hésitera pas à vous réclamer. Ne cédez jamais !

Méfiez-vous des marchands de liste

Au cours de leurs recherches, les étudiants peuvent parfois être confrontés à des marchands de listes. Ces professionnels de l'immobilier proposent aux jeunes plusieurs logements pour tous les prix et pour tous les goûts, avec les coordonnés de leurs propriétaires. Cependant, sachez qu’ils ne s’occupent pas de faire visiter les lieux et que pour accéder à ces listes, certains réclament de payer en moyenne 200 euros, et jusqu'à 450 euros à Paris, indique à LCI l'UFC-Que Choisir. Ce qui est totalement illégal. De plus, en échange, on peut se retrouver face à des appartements déjà loués, des adresses inexactes ou encore des logements insalubres. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) invite d'ailleurs à signaler les cas d’abus d’offres indisponibles. 

La règle d’or : ne jamais verser d’argent avant la signature du bail

La loi est catégorique : "Aucun bien, effet, valeur, somme d'argent, représentatif de commissions, de frais de recherche, de démarche, de publicité ou d'entremise quelconque, n'est dû à l’agent immobilier ou ne peut être exigé ou accepté par lui, avant que la location ait été effectivement conclue et constatée dans un seul acte écrit contenant l'engagement des parties"(article 6 de la loi n°70-9 du 2 janvier 1970). Pourtant, de plus en plus d'agences immobilières ont recours au chèque de réservation. 

Quézaco ? Lorsque un appartement vous plaît, l’agence peut vous proposer de le "réserver" en versant une somme souvent équivalente à un mois de loyer. Ce chèque est censé vous donner la priorité sur d’éventuels autres candidats. A la signature du bail, il vous est rendu, ou vous le récupérez si le propriétaire ne retient pas votre dossier. Sauf que, si entre temps vous avez craqué sur un autre logement, l’agence s’octroie la somme versée. Une pratique bien entendu illégale.

Attention aux clauses abusives

Ne vous laissez pas non plus impressionner par certaines pratiques des bailleurs particuliers et des agents immobiliers qui n’hésitent pas à réclamer de façon illicite certains documents, relevant parfois de la vie privée, alors que la réglementation l’interdit. Pour remédier à ces abus, l'article 35 de la loi n°2007-290 du 5 mars 2007 a étendu la liste des documents qu’un bailleur (ou l’agent immobilier qui le représente) ne peut pas demander en préalable à la conclusion d’une location. 


En voici la liste complète : photo d’identité (hormis celle de la pièce justificative d'identité), carte d’assuré social, copie de relevé de compte bancaire ou postal, attestation de bonne tenue de compte bancaire ou postal, attestation d’absence de crédit en cours autorisation de prélèvement automatique, jugement de divorce, à l’exception du paragraphe commençant par l’énoncé "Par ces motifs", attestation du précédent bailleur indiquant que le locataire est à jour de ses loyers et charges, dès lors que le locataire peut présenter d’autres justificatifs, attestation de l’employeur, dès lors que peuvent être fournis le contrat de travail et les derniers bulletins de salaire, contrat de mariage, certificat de concubinage, chèque de réservation de logement, dossier médical personnel, sauf en cas de demande de logement adapté ou spécifique, extrait de casier judiciaire, remise sur un compte bloqué de biens, d’effets, de valeurs ou d’une somme d’argent correspondant à plus de deux mois de loyer en principal en l’absence du dépôt de garantie ou de la souscription de la garantie autonome prévue à l'article 2321 du code civil, production de plus de deux bilans pour les travailleurs indépendants.


En cas de refus du bail pour ne pas avoir présenté un de ces documents, saisissez le défenseur des droits : www.defenseurdesdroits.fr

Flairez les pièges de la colocation

Opter pour la colocation est souvent très attractif, car on bénéficie d'un espace plus grand pour un coût deux à trois fois moins élevé, mais il faut savoir qu’en cas de caution ou de loyer solidaire, le plus solvable paye pour les autres. Il faut ainsi se montrer très vigilant. Avant de vous lancer, il faut donc bien vérifier les contrats de bail : les règles, les obligations, les droits de chaque colocataire... 

Heureusement, il existe des solutions

Il existe quand même des solutions pour trouver votre logement étudiant en toute sérénité et en gagnant du temps. Ainsi, des sites spécialisés dédiés au logement étudiant tels que studylogement.fr, location-etudiant.fr, etudiant.gouv.fr, recensent des centaines de résidences étudiantes. Ces sites ont pour vocation de mettre tout en oeuvre pour une mise en relation directe entre les gestionnaires de résidences et les étudiants en vue de signer un contrat de location ou un contrat de bail.


Le site studapart qui travaille avec plus d'une centaine d'écoles et d'universités (Sciences Po Lyon, HEC, Paris Dauphine, IAE de Grenoble, Université de Tours...) propose également aux futurs étudiants un service de logements en ligne.

Et de nombreux forums du logement étudiant sont par ailleurs programmés cet été, comme à Montluçon le 8 juillet, à Troyes le 13 juillet ou encore à l'hôtel de ville de Montpellier, du 5 juillet au 15 septembre.

Autre service ingénieux,  LocService.fr permet aux étudiants d'économiser les frais d'agences ou de marchands de listes . Par ailleurs, ce site a décidé de venir en aide chaque semaine à un étudiant en créant le CPLE : Coup Pouce Logement Etudiant. Le principe est simple :  chaque semaine un étudiant en recherche de logement est tiré au sort et se voit remettre un chèque de 300 € pour faciliter son emménagement (paiement du 1er loyer, achat de mobilier, frais de déménagement, assurance du logement, abonnement internet…). L'inscription est bien évidemment totalement gratuite.

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