Rendement décevant, clauses abusives... le crowdfunding épinglé par l'UFC-Que Choisir

Rendement décevant, clauses abusives... le crowdfunding épinglé par l'UFC-Que Choisir

CROWDFUNDING - L'association de défense des consommateurs dénonce les risques et abus liés au financement participatif. Taux d'intérêt décevant, perte possible de la mise, clauses illicites... le constat est accablant.

Il a le vent en poupe mais peut réserver quelques mauvaises surprises. Le marché du crowdfunding (ou financement participatif) double chaque année pour atteindre plus de 440 millions d'euros en 2016. Ce type d'investissement peut notamment prendre la forme de prêts rémunérés destinés à soutenir des projets souvent refusés par les banques traditionnelles. Sauf que le principe du gagnant-gagnant est loin d'être toujours vrai, à en croire une récente étude de l'UFC-Que Choisir


L'association de défense des consommateurs pointe les risques encourus par les particuliers prêteurs et les abus commis par certaines plateformes de crowdfunding. Rendement décevant, perte de capital, clauses abusives. Voici les principaux points à retenir.

Six plateformes dans le collimateur de l'UFC-Que Choisir

Dans le cadre de son enquête, l'UFC-Que Choisir a évalué 17 plateformes de 2013 à 2016 et ses conclusions sont accablantes. Six d'entre elles sont particulièrement visées : Lendix, Unilend, Lendopolis, Pretup, Bolden et Prexem. L'organisme de défense des consommateurs leur reproche la présence de clauses abusives ou illicites dans les conditions générales d'utilisation, telles que l’exonération de responsabilité concernant le bon fonctionnement du site, l’exactitude des informations publiées et la sécurisation des données financières et personnelles du particulier.

Un miroir aux alouettes : gains surévalués, risques minimisés

Certaines plateformes sont des miroirs aux alouettes : les gains sont surévalués et les risques sont minimisés, selon l'association. En clair, le rendement est proche voire inférieur à celui du livret A (0,75% net par an) mais avec le risque de perdre son capital.


Ainsi, le risque de ne pas récupérer les sommes prêtées au bout de trois ans est cinq à dix fois supérieur à celui communiqué par certains sites. Quant aux taux d'intérêt promis, allant jusqu'à 7% sur les plateformes les plus optimistes, il est la plupart du temps en fait compris entre 0,33% et 1,6% après impôt.  

Des dérives évoquant le piège du crédit revolving

L'association rappelle en premier lieu que ce mode de financement est par nature risqué puisqu'il porte des projets que les banques n'ont pas jugés viables. Pour autant, il n'est pas à balayer du revers de la manche car il peut être utile mais à condition de le "remettre dans les clous" et "d'assainir ses pratiques", déplore-t-elle.


Sans cela, le financement participatif peut devenir un piège, au même titre que le crédit revolving a pu l'être par le passé. Ce type de crédit (aussi appelé crédit renouvelable) permet d'emprunter une somme qui se reconstitue au fur et à mesure qu'elle est dépensée, ce qui appelle des remboursements constamment gonflés par les taux d'intérêt appliqués. Ce système a fait l'objet de plusieurs mesures gouvernementales ces dernières années pour protéger les particuliers qui y ont recours.  

Les solutions : une meilleure information et un cadre légal renforcé

Afin de recadrer ce "secteur vérolé", l'UFC-Que Choisir estime qu'"il est indispensable que les risques encourus soient clairement identifiés et que les gains potentiels ne soient pas surévalués". L'association demande au gendarme du secteur bancaire, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, de s'assurer que ces plateformes informent correctement les prêteurs et sanctionnent celles qui s'écarteraient du droit chemin.


Elle appelle également les pouvoirs publics à "légiférer pour obliger ces plateformes à fournir une information pertinente et impartiale". Certes un décret  encadrant cette activité avait été publié il y a deux ans et demi, mais les règles du jeu ne sont pas assez suivies. Enfin, l'association exige la suppression des clauses abusives parfois imposées par les sites et se réserve le droit d'agir en justice si cela n'est pas fait.

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