Comment les produits frais (bio et locaux) ont conquis les clients des hypermarchés

Comment les produits frais (bio et locaux) ont conquis les clients des hypermarchés

INTERVIEW - Selon une étude Bonial/Nielsen dévoilée ce lundi par LCI, les rayons frais ont le vent en poupe dans les hypermarchés. Le patron de Bonial, portail qui recense en ligne les promotions, nous explique comment les grandes surfaces ont dû se renouveler pour résister à la concurrence du e-commerce et des enseignes spécialisées.

Les clients qui font leurs courses en grande surface vont d'avantage y chercher de la viande, des yaourts ou du soda que du linge ou des jouets. C'est d'autant plus vrai que le poids des rayons non-alimentaires en hypermarché (en chiffre d'affaires) a baissé de 6,5 points en six ans, passant de 26,4% en 2010 à 19,9% en  2016. Ces chiffres sont issus d'une étude Bonial/Nielsen dévoilée ce lundi 27 février 2017 par LCI.


Matthias Berahya-Lazarus, président du portail Bonial, qui recense en ligne les promotions, prospectus et catalogues des enseignes de la grande distribution, nous explique en quoi ces statistiques révèlent de nouvelles tendances de consommation.

LCI : Pourquoi les produits non-alimentaires se vendent-ils moins en hypermarché ces dernières années ?

Mathias Berahya-Lazarus : Ce repli des rayons non-alimentaires est dû à la fois à la montée en puissance des sites de e-commerce et à l'essor des magasins spécialisés. Ce n'est pas forcément que les clients achètent moins de poêles, de livres ou d'outils par exemple, mais plutôt qu'ils recherchent un choix plus vaste proposé en ligne ou chez les spécialistes

LCI : Les hypermarchés doivent donc faire face à une nouvelle concurrence...

Mathias Berahya-Lazarus : Oui, traditionnellement et jusqu'à il y a dix ou quinze ans, les grandes surfaces avaient une forte légitimité sur certains rayons non-alimentaires. Les clients y trouvaient de tout. C'était d'ailleurs l'atout de ces hypermarchés. Cette réalité a changé notamment avec la mondialisation, entraînant une profusion de références et la livraison à domicile des articles en question.

LCI : Dans le même temps, les ventes alimentaires sont de plus en plus dynamiques. Quels rayons conquièrent-ils le plus les clients ?

Mathias Berahya-Lazarus : L'alimentaire, dans son ensemble, sort son épingle du jeu. A commencer par les produits frais en libre-service tels que les viandes, produits laitiers ou produits surgelés (+ 2,1 points entre 2010 et 2016), l'épicerie (+ 1,6 point) ou les boissons (+ 1,6 point). Sans oublier le frais traditionnel tels que les fruits et légumes, la boucherie/charcuterie, le fromage à la coupe, la marée fraîche ou la boulangerie/pâtisserie (+1 point). Celle-ci qui a su séduire les clients en s'adaptant à leurs nouvelles attentes.

LCI : Comment expliquer ce nouvel intérêt des clients pour les rayons frais traditionnels des grandes surfaces ? Qu'est ce qui a changé ?

Mathias Berahya-Lazarus : Face aux nouvelles concurrences, les hypermarchés ont fait beaucoup d'efforts pour adapter leur modèle en reconfigurant leur espace. Ils ont notamment investi dans les rayons "marché" proposant des fruits et légumes car les clients recherchent désormais des produits frais de qualité. Cela s'accompagne par une montée en gamme s'incarnant par l'envol, surtout depuis 12 à 18 mois, de l'offre des produits bio ou locaux en grande surface.

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