VRAI/FAUX - 6 questions pour bien choisir sa crème solaire

VRAI/FAUX - 6 questions pour bien choisir sa crème solaire

VACANCES - On le sait, avant de s’exposer aux rayons du soleil, il faut se protéger. Ce qu’on ignore, en revanche, c’est à quel point les produits solaires sont sources d’idées préconçues, voire erronées. Pour y voir plus clair, l'UFC-Que Choisir sort ce mardi son banc-d'essai. 60 millions de consommateurs en a fait de même dans son numéro estival, parue jeudi 22 juin. On a tout compilé et on vous propose de démêler le vrai du faux.

A quelques jours des vacances d'été, il est grand temps d'acheter sa crème solaire. Une affaire à ne pas prendre à la légère tant le nombre de nouveaux cas de cancer de la peau se développe chaque année en France : +60.000 dont 7.800 mélanomes. Pourtant, comme toujours, on se pose les mêmes questions : le prix est-il gage de qualité ? Quelle protection choisir pour ses enfants ? Peut-on réutiliser le tube de l'an dernier ? Pas toujours facile de s'y retrouver. 60 millions de consommateurs et l'UFC Que choisir viennent de publier leurs bancs d'essai. Voici, résumés, les enseignements de ces études comparatives. 

Plus les crèmes solaires sont chères, meilleures elles sont

FAUX. On pense souvent que prix élevé rime avec qualité. Concernant les crèmes solaires, on pourrait presque dire le contraire. Ainsi, dans son banc d'essai, à paraître ce mardi 27 juin, l'UFC Que Choisir a placé en tête la brume solaire de Mixa à 13, 55 euros pour son excellente protection. En revanche, elle met un bonnet d'âne à deux marques réputées, Clarins (29,90 euros la crème solaire sécurité) et Clinique ( 26,95 euros le soin solaire lait minéral corps) pour leurs défaillances face aux UVB - qui engendrent à la fois coups de soleil et cancers - pas assez filtrés, selon l'association de consommateurs qui ajoute que Clarins est la référence qui contient le plus d'allergènes (9 !)


Même constat pour 60 millions de consommateurs dans son édition estivale parue jeudi 22 juin. Le magazine épingle, là-encore, la marque Clarins (30 euros le spray solaire lait-fluide sécurité) pour sa contre-performance en terme de protection. Lancaster (35 euros le wet skin sun sport) est également pointé du doigt du fait de la présence dethylhexyl methoxycinnamate dans sa formule. Un filtre UV soupçonné d'être un perturbateur endocrinien. "A proscrire absolument", note le magazine.

On peut trouver des anti-inflammatoires dans les produits solaires

VRAI. Les filtres UV autorisés par la réglementation européenne possèdent, dans la grande majorité des cas, un caractère anti-inflammatoire. Celui-ci permet de masquer l’érythème solaire (rougeur qui correspond à un "coup" de soleil) alors même que les filtres ne sont plus protecteurs du fait de leur dégradation par les UV, et donc de donner une fausse impression de sécurité. Ainsi 60 millions de consommateurs en trouve présents chez Avène, Bioderma et Clarins. Par ailleurs, certaines molécules (bisabolol, allantoïne) ou extraits végétaux (extrait de réglisse, de pongamia, de thé…) sont ajoutés aux formules pour inhiber la formation de l’érythème.

Les enfants doivent porter une protection spécialement dédiée

FAUX. Comme le révèle, dans son étude comparative, 60 millions de consommateurs, une crème solaire "haute" ou "très haute" protection conviendra très bien à toute la famille, et même aux enfants dont la peau est particulièrement sensible aux UV. Le magazine a en effet constaté que les différences de compositions entre les crèmes familiales, sans mention particulière, et celles pour les "kids" sont infimes, quand elles existent (contrairement au prix, souvent plus élevé).


Par ailleurs, en matière d'efficacité, les mesures effectuées par le magazine donnent des résultats très contrastés : l'Eau thermale d'Avène obtient l'excellente note de 18/20, tandis que le spray hydratant de Lovea Kids, seul produit de l'essai labellisé bio, finit avec la très faible note de 6,5/20. En cause un indice affiché de 50 alors que, selon le magazine, cette crème devrait être classée en "faible protection".

En vidéo

Les enfants sensibilisés aux dangers du soleil pour enrayer la progression de la courbe du mélanome

Les vêtements restent la meilleure des protections

VRAI. "En pratique, la meilleure protection reste celle des vêtements ", rappelle le docteur Claudine Blanchet-Bardon, vice-présidente du Syndicat national des dermatologues dans 60 millions de consommateurs. Le magazine s'est penché sur les performances des tee-shirts et combinaisons anti-UV. Mention spéciale pour les combinaisons Fedjoa (15/20), Quicksilver (15/20), ainsi que pour les tee-shirts Mayoparasol (17/20), Arena (14,5/20), Quicksilver (14/20) et O'Neill (12,5/20). En revanche, le magazine déplore que certains produits (combinaisons Verbaudet et Tribord, tee-shirt Rip Curl) perdent de leur efficacité à l'usage.

On peut utiliser son flacon entamé l’année dernière

VRAI. La plupart des produits cosmétiques - en particulier lorsqu’il contiennent des matières grasses - ont une date de péremption. Les crèmes solaires n’échappent pas à cette règle, avec une durée d'utilisation optimale, qui est en général de 12 mois. 

Pour autant l'UFC-Que Choisir a voulu savoir si c'était une précaution bienvenue de la part des fabricants ou une simple  idée marketing pour augmenter les ventes. L'association de défense des consommateurs s'est basée sur une étude de son  homologue italien Test Salute concernant trois crèmes solaires : Nivea, Ambre Solaire et Aptonia. Elles ont été entreposées à 4°C - pour simuler un voyage en avion -, puis 12 jours à 40°C, puis encore une semaine à la lumière directe du soleil. L'équivalent de ce que l'on fait subir à sa crème solaire dans la plupart des cas. Résultat, un an plus tard, aspect, odeur et surtout indice de protection n'ont pas changé. Aucune contre-indication pour l'utiliser donc.

Toutefois, l'association conseille tout de même de ne pas faire subir autant de changement de température à sa crème et de la conserver à l'abri de la lumière et de la chaleur avant de la remettre dans son sac de voyage. 

Les crèmes solaires sont néfastes pour l’environnement

VRAI. Un tiers de la crème solaire que l'on s'étale sur la peau est rejeté dans l'eau à chaque baignade, relève l'UFC-Que Choisir. Conséquence, des chercheurs ont estimé que l'été, en une seule journée de plage, quelque 4kg de nanoparticules de dioxyde de titane finissent dans les océans. Ces filtres sont néfastes pour la santé des poissons. Pire : selon une étude publiée dans "Environmental Health Perspectives", la crème solaire peut faciliter le développement d'infections qui détruisent la zooxantelle, une microalgue vivant en symbiose avec le corail et nécessaire à son développement. Privés de cette précieuse alliée, les récifs coralliens blanchissent et meurent. 

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