VIDÉO - Andy Warhol, Roy Lichtenstein au musée Maillol à Paris... Le "pop art", c'est quoi ?

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DÉCOUVERTE - Billy Bengston, Rosalyn Drexler, Roy Schnackenberg... Ces noms ne vous disent rien et pourtant, ils ont participé à la révolution "Pop art", sous la férule des célèbres Andy Warhol et Roy Lichtenstein. Ils sont à découvrir jusqu'au 21 janvier au Musée Maillol où une "coupe transversale" dans la collection du Whitney Museum de New York offre une image complexe de ce mouvement.

"Populaire, éphémère, jetable, bon marché, produit en masse, spirituel, sexy, plein d’astuces, fascinant et qui rapporte gros." Qu'est-ce que c'est ? C'est le "pop art" tel que le décrit le peintre anglais Richard Hamilton. 


Une expression inventée par Lawrence Alloway à la fin des années 50, soutenant que l’art prend appui sur la culture populaire de son temps. Mais qu'est-ce que c'est le "pop art" ?

La commercialisation de l'art est l'étape qui vient après la création. J'ai commencé comme artiste commercial, et je veux terminer comme artiste. Andy Warhol

Tout a commencé à la fin des années 50. Mais comme souvent, il existe deux écoles : un "Pop Art anglais" et un "Pop Art américain". 


Le "Pop Art anglais", branché futurisme et technologie, est constitué des peintres Eduardo Paolozzi et Richard Hamilton, du couple d’architectes Alison et Peter Smithson, du critique d’art Lawrence Alloway. Ensemble, ils annoncent l'euphorie de la consommation, la révolution musicale et vestimentaire des fameuses "Swinging Sixties".

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Le Pop Art s'invite au musée Maillol à Paris

Aux Etats-Unis, à la même période, les artistes avaient une autre définition du "Pop Art", plus ironique, défigurant les produits de masse (films hollywoodiens, tubes, réclames, BD...) pour leur donner un sens différent et inviter celui qui les regarde à prendre du recul sur notre société de consommation.  Et c'est à cette seconde branche que l'exposition est consacrée. 


Une boîte de conserve vue par les artistes Pop Art n'est plus une boîte de conserve. Et l'on ne distingue plus un sujet de l'art soi-disant noble d'un banal produit de consommation...


Tout se passe alors à New York, en pleine effervescence créatrice, sous la férule d'artistes comme Roy Lichtenstein, Andy Warhol ou encore Tom Wesselman.

Andy Warhol et les autres

De tout ce mouvement Pop Art, émanent des pop-artistes et des œuvres dont on se demande encore aujourd'hui à quelle aune on pourrait bien les évaluer... 

D'ailleurs, on le dit peu mais la plupart des pop-artistes détestaient ce terme de "Pop Art", refusant d'être catalogués sous une bannière. Pop, mais rebelles. Quand même.

Du Pop Art, on ne retient souvent qu'un nom, celui d'Andy Warhol, considéré à juste titre comme le Pape du mouvement. Dans les années 60-70, celui à qui l'on doit cette célèbre phrase ("à l'avenir, chacun aura son quart d'heure de célébrité mondiale") était convaincu que l’art, aux Etats-Unis, n’est plus là pour exprimer le romantisme, les émotions et l’intériorité. Et donc qu'ils étaient au contraire là pour signifier l'inverse, soit l'insensibilité et le voyeurisme. 


C'est pourquoi, en dépit de l'euphorie colorée générée par les toiles, il en résulte une vague angoisse inhérente à l'aliénation urbaine, poursuivant à sa façon le travail d'un Edward Hopper dans la description d'une Amérique bicéphale, à la fois lumineuse et sombre. 

Glamour à mort

Au sujet d'Andy Warhol, vous connaissez certainement ses portraits de Debbie Harry, Jackie Kennedy et Elizabeth Taylor, peut-être ses trois chefs-d'oeuvre les plus connus. 


D'autres pièces majeures, comme les portraits de Mao, ou les canettes de soupe Campbell, ont durablement influencé le Pop Art, et l'art en général. 


A l'aune de ce portrait de Marilyn Monroe, basé sur une photographie publicitaire pour le film Niagara (1953)... 

Warhol, à la fois amoureux de Marilyn Monroe et fasciné par la mort, avait débuté cette série peu de temps après le décès de l'actrice. La star avait également inspiré Rosalyn Drexler et ce tableau glaçant révélant une Marilyn pourchassée par la mort...

Quand ils ne fantasment pas sur les stars, les artistes Pop s'intéressent à la vie des gens ordinaires, aux objets trouvés, aux cigarettes ou aux objets de jardinage. Parfois, le sens peut nous échapper... comme ci-dessous

Mais il ne faut pas sous-estimer la dimension ironique, à l'instar de la sculpture d'Oldenbourg "French fries and ketchup", entièrement confectionnée en vinyl, tout sauf réaliste. 


Même ironie dans les sculptures d'Alex Katz (voir ci-dessous) ou de Lichtenstein réduites à deux dimensions.

Tout ça pour dire que l'exposition qui se déroule actuellement au Musée Maillol jusqu'au 21 janvier 2018 rend compte de la grande diversité du mouvement Pop art, y compris au sein même de l'oeuvre de certains artistes. 


Allan D'Arcangelo, dont certains tableaux confinent à l'abstraction, peut aussi peindre "Madonna and child", représentant Jackie Kennedy et sa fille Caroline dont il a effacé les visages.

En tout, il est possible de découvrir une soixantaine d'oeuvres (peintures, sculptures, estampes...) de 24 artistes. Mis à part une pièce d'Andy Warhol, aucune d'entre elles n'a été exposée à Paris auparavant. 

Ajoutons qu'une des belles idées de l'exposition consiste à repenser le Pop art en redonnant leur place aux artistes femmes comme Christina Ramberg ou May Stevens, militante féministe, ainsi qu'aux créateurs installés sur la côte ouest des Etats-Unis, souvent peu connus en Europe. 

Il faut la découvrir afin de balayer les idées préconçues sur cette mouvance faussement superficielle et foncièrement inspirante qu'est le Pop Art.

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