Le célèbre sculpteur sénégalais Ousmane Sow est mort à l'âge de 81 ans

TRISTESSE - Figure de l'art africain contemporain, le sculpteur sénégalais Ousmane Sow est mort ce jeudi à Dakar, a annoncé sa famille. Il avait 81 ans. En 1999, ses guerriers monumentaux avaient attiré plus de 3 millions de visiteurs sur le Pont des Arts, à Paris.

Ses sculptures de guerriers avaient impressionné Parisiens et touristes lors de leur exposition sur le pont des Arts, en 1999. Le sculpteur sénégalais Ousmane Sow est décédé ce jeudi à Dakar. Il avait 81 ans. "Il emporte avec lui rêves et projets que son organisme trop fatigué n'a pas voulu suivre", souligne sa famille, qui a annoncé sa disparition à l’AFP.  "C'est une très grosse perte pour la sculpture sénégalaise et africaine. Ousmane Sow a été un véritable ambassadeur de notre culture ", a aussitôt réagi le ministre sénégalais de la Culture Mbagnick Ndiaye.

Né en 1935, élevé dans les quartiers chauds de Dakar, Ousmane Sow sculpte dès l'enfance. Longtemps, pourtant, il n'en fera pas son métier. Kinésithérapeute de formation, il exerce dans son pays puis en banlieue parisienne lorsqu'il arrive en France, à 22 ans. A l'âge de 50 ans, il décide de se consacrer exclusivement à l'art. Sa connaissance des muscles et de l’anatomie lui servira pour ses créations. "Je peux me bander les yeux et faire un corps humain de la tête aux pieds", confiait-il. C'est en 1987 qu'il se fait connaître grâce à une exposition au Centre culturel français de Dakar.

Jamais un gamin ne m'a demandé ce que mes sculptures voulaient dire. Je sculpte des hommesOusmane Sow

La série des Nouba, inspirée par les photos de Leni Riefenstahl, est présentée à la Documenta de Kassel en 1992, marquant l'entrée d'Ousmane Sow dans la cour des grands artistes contemporains. Trois ans plus tard, il expose au Palazzo Grassi, à l'occasion du centenaire de la Biennale de Venise. Il poursuit ensuite son exploration des peuples africains avec "Les Masaï", "Les Zoulous", puis "Les Peuls", avant de s'intéresser aux Indiens d'Amérique à travers la mythique bataille de "Little Big Horn". 


En 1999, ses sculptures monumentales de guerriers africains sont exposées sur le Pont des Arts, à Paris. Des guerriers Masaï du Kenya, lutteurs de l’ethnie Nouba du Soudan du Sud, Indiens d’Amérique, colosses figés dans le mouvement qui attireront plus de 3 millions de visiteurs et feront de lui une star mondiale dans le milieu de l'art, dont les oeuvres seront recherchées par les plus grands collectionneurs. En 2003, il sera notamment exposé au Whitney Museum de New York.

Ses sculptures monumentales aux tons bruns-ocres, cet homme massif les crée à partir d'une mixture secrète, macérée pendant plusieurs années et appliquée sur des ossatures de fer, de paille et de jute. Toujours sans modèle. "Jamais un gamin ne m'a demandé ce que mes sculptures voulaient dire. Je sculpte des hommes. J'ai tellement peur qu'on ne me comprenne pas, ou qu'on interprète mal ce que je dis, que je parle très directement. C'est la même chose en art", disait Ousmane Sow, du haut de son 1,93 m.


En 2013, il est le premier Africain à faire son entrer à l'Académie des Beaux-Arts, à Paris, lors d'une cérémonie en présence du président de la République François Hollande. "C’est une sorte de récompense de mon travail", disait-il à l'époque à RFI. "Je n’ai jamais visé arriver aussi haut. Ils ont attendu de trouver un Noir qui réponde à leurs critères, pour m’inviter à les rejoindre. Je peux dire un Noir, puisqu’il n’y a pas eu de Noir. Donc je sens cela doublement formidable. D’abord pour l’Afrique, je ne parle pas du Sénégal, mais de l’Afrique et surtout les jeunes."

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