Les "Machines à dessiner" de François Schuiten et Benoît Peeters prennent vie aux Arts et Métiers

Les "Machines à dessiner" de François Schuiten et Benoît Peeters prennent vie aux Arts et Métiers

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EXPO & BD – Alors que le tome 2 de "Revoir Paris" vient de paraître chez Casterman, ses auteurs François Schuiten (dessin) et Benoît Peeters (scénario) ouvrent une exposition au musée des Arts et Métiers. Les machines des ingénieurs d’antan y dialoguent en harmonie avec les créations originales des auteurs des "Cités obscures".

Les lecteurs des Cités obscures, série de BD fantastique de François Schuiten et Benoît Peeters, ont encore en mémoire les inventions d’Axel Wappendorf. Ce génial ingénieur aurait pu être formé aux Arts et Métiers, puisque le musée du prestigieux conservatoire abrite des machines et instruments trop beaux pour être réduits au progrès industriel. D’ailleurs, il est parfois difficile de deviner qui a créé quoi dans l’exposition "Machines à dessiner" que propose François Schuiten après sa résidence aux Arts et Métiers : le dessinateur belge crée aussi bien des villes entières que des machines hyper-sophistiquées. 

Plutôt que des vitrines, certains objets sont entourés de tulle, comme la table à dessin de Schuiten qui explique ce choix "pour créer une part de mystère et une certaine intimité. Sans les reflets des vitrines, l’objet apparaît plus graphique". Comme ces astrolabes de bois et de cuivre, issus de sa collection personnelle : "Ce sont des objets vertigineux, ils veulent capter l’infiniment grand ! Je les ai beaucoup dessinés, on s’enrichit rien qu’à les observer, à les décrypter, ils signifient beaucoup au-delà de leur beauté formelle."

Au milieu de petites locomotives et de machines à vapeur, Benoît Peeters encourage lui aussi à admirer "la beauté de ces machines, le soin artisanal, le jeu sur l’échelle ; cette alternance de modèles et d’objets à l’échelle 1/1 les rend très proches des dessins de François". Ces derniers ne sont pas les pièces les moins impressionnantes. Sur ces originaux tirés des Cités obscures, deux fois plus grands que les albums, la finesse du trait et la douceur de l’aquarelle donne envie d’y coller son nez. 

La dernière salle est consacrée aux planches originales du tome 2 de Revoir Paris, qui vient de sortir chez Casterman. De vieilles tables à dessin et de grandes feuilles de papier invitent à dessiner soi-même sa propre machine idéale, ou le moyen de transport de demain, comme François Schuiten sur les vidéos qui le montrent au travail. "C’est une expo collective, généreuse", insiste Benoît Peeters, "où on ne sacralise pas le dessin, mais où l’on fait partager un processus qui peut être prolongé par le visiteur." Les dessins les plus imaginatifs, qui ne seront pas forcément les plus beaux, seront exposés.

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