Les Rencontres d'Arles 2017 : "Nous voulons renverser les idées reçues sur la photographie"

Les Rencontres d'Arles 2017 : "Nous voulons renverser les idées reçues sur la photographie"

CHEESE ! – C’est le premier festival de photographie au monde. Depuis 1970, les Rencontres d’Arles proposent chaque été une radiographie de la photographie contemporaine. Sam Stourdzé, le directeur de la manifestation, nous dévoile le programme de l’édition 2017 qui se déroulera du 3 juillet au 24 septembre. Parmi les surprises : Audrey Tautou, comédienne mais aussi photographe.

LCI : Arles est aujourd’hui un festival majeur. Qu'est ce qui le différencie des autres manifestations autour de la photographie ?

Sam Stourdzé : Arles est une vraie fête de la photographie. Il y a 15 ans les Rencontres d’Arles c’était le rendez-vous des professionnels de la photo. Aujourd’hui, ça l’est encore mais le festival s’est ouvert au grand public qui a accès à 40 expositions avec un aspect ludique, sympathique et à la fois sérieux. Le public ne s’y trompe pas et il vient de plus en plus nombreux profiter de ce moment unique tout en ayant la possibilité de pénétrer dans des lieux d’ordinaire fermés au public, comme des églises ou des anciens couvents. Nous sommes passés de 15 000 visiteurs en 2000 à 104 000 l’an dernier.

LCI : Quel vont être les thèmes cette année ?

Sam Stourdzé : Nous n’avons pas de thème à proprement parler mais des séquences thématiques qui reflètent l’éclectisme de notre programmation. L'Amérique Latine sera au cœur du programme avec un point d'orgue sur la Colombie, tous comme l'Iran, une scène photographique très dynamique sur laquelle nous avons eu envie de mettre un coup de projecteur. Nous nous pencherons sur la question du territoire et de la poésie urbaine, sur les désordres du monde ou encore sur la photographie documentaire. Une direction artistique c’est une alchimie. Il ne faut pas que les 32 expositions officielles ressemblent à une juxtaposition d’images mais qu’elles dialoguent entre elles.

LCI : Dans une société saturée d'images, la photographie semble plus que jamais importante.

Sam Stourdzé : Ça peut sembler complètement paradoxal mais c’est vrai. D’un côté on n’a jamais produit autant d’images avec les smartphones notamment, et de l’autre on n’a jamais autant eu besoin d’éditorialisation et de sens. Le public le sait : Arles est un festival qui fait des choix parmi le flux continu d’images de l’année pour lui montrer le meilleur à travers des projets articulés.

LCI : Comment faites-vous pour encore surprendre ?

Sam Stourdzé : Merci d’utiliser ce terme parce que c’est ce qu’on veut dans les Rencontres d’Arles, surprendre le public avec des projets inattendus avec des photographes. On joue des décalages et des frottements : Jean Dubuffet, par exemple, on ne l’attend pas à Arles, tout comme la comédienne Audrey Tautou qui fera son coming out photographique cet été. Ils n’ont rien à voir mais je pense que et l’une et l’autres des expositions va vous surprendre.

LCI : Une bonne photo, c'est quoi pour vous ?

Sam Stourdzé : Je ne sais pas répondre à cette question car mon métier c’est de mettre les photos ensemble. Et ce qui m’intéresse, c’est la photo d’avant et celle d’après. Et même une mauvaise photo si elle est contextualisée, peut se mettre à raconter une histoire.

LCI : Vous allez encore nous mettre la tête à l’envers, comme sur l’affiche ?

Sam Stourdzé : Exactement, le but du festival c’est de renverser un certain nombre d’idées reçues sur la photographie et sur le monde qui nous entoure. Le festival est un moment festif mais aussi un moment où on peut réfléchir sur l’état du monde.

Renseignements sur www.rencontres-arles.com

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