Petit Ours Brun, Winnie l'ourson, Peppa Pig : le gouvernement chinois part à la chasse aux animaux qui parlent aux enfants

Petit Ours Brun, Winnie l'ourson, Peppa Pig : le gouvernement chinois part à la chasse aux animaux qui parlent aux enfants

POLÉMIQUE – C’est un marché en pleine expansion. Alors que les couples chinois sont désormais autorisés à avoir deux enfants, les autorités s’inquiètent de la popularité grandissante des livres jeunesse venant de l’étranger. D’où une série de mesures radicales pour l’enrayer.

Peppa Pig, Petit Ours Brun et Winnie l’ourson feraient-ils courir un grave danger aux enfants ? Les autorités chinoises pourraient bien en être persuadées. Le South China Morning Post révèle  en effet que le pays a l’intention de réduire de manière drastique le nombre de livres pour enfants écrits à l'étranger. Sont spécifiquement visés, "les animaux qui parlent et les personnages de contes de fée" qui pourraient populariser la culture occidentale et ses opinions politiques auprès des tout-petits. Non, vous ne rêvez pas.


D’après un éditeur étranger cité anonymement par le quotidien, "le gouvernement trouve qu’il y a un peu trop d’idéologie dans nos livres illustrés (…) il a donc délibérément décidé de restreindre leur importation en faveur d’ouvrages rédigés par des auteurs chinois." D’où la volonté d’imposer une politique de quotas, plus officieuse qu’officielle, afin de réguler un marché de plus de 220 millions de jeunes lecteurs de moins de 14 ans. Dont la plupart d’entre eux plébiscitent les parutions étrangères…

Les parents chinois recherchent les livres étrangers parce qu’ils veulent donner une ouverture sur le monde à leurs enfants Andrew Nurnberg, agent littéraire

Ainsi, sur les 5 titres en tête des ventes de livres pour enfants sur la version chinoise du site de e-commerce Amazon, 3 sont écrits par des auteurs américains, 2 par des Britanniques… Un plébiscite logique puisque la majorité des 4000 livres pour enfants publiés l’an dernier en Chine sont d’origine étrangère. Pour Chu Chen, maman d’un petit garçon citée par le South China Morning Post, "les livres illustrés étrangers racontent des histoires plus simples et inspirantes que les livres chinois, trop bavards et moralisateurs". 


Une préférence que confirme Andrew Nurnberg, un agent littéraire britannique spécialiste du marché local. "Les parents chinois recherchent les livres étrangers parce que ce sont les meilleurs et parce qu’ils veulent donner une ouverture sur le monde à leurs enfants", explique-t-il. "Naturellement, le gouvernement aimerait rééquilibrer la balance. Mais en termes de qualité et de quantité, l’écart est immense, et ne devrait pas être comblé avant quelques temps." 


D’ici là, les autorités ont donc décidé d’employer les grands moyens afin d’enrayer l’invasion de nounours qui parlent et de cochons qui chantent, à l’heure où les familles chinoises sont désormais autorisées à avoir deux bambins. Depuis vendredi dernier, la plateforme de e-commerce Alibaba.com a ainsi décidé d’interdire purement et simplement la publicité et la vente d’ouvrages pour enfants édités à l’étranger.    

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