EDF contraint d'arrêter cinq réacteurs nucléaires : quel impact sur la fourniture d'électricité cet hiver ?

ÉNERGIE – L'Autorité de sûreté nucléaire a demandé à EDF la mise à l'arrêt rapide de cinq réacteurs. Une mesure qui ajoute à l’incertitude autour des capacités de production du parc français, à quelques semaines de l’hiver.

Au moment où EDF est en pleine opération de maintenance d’une partie de ses équipements à l’approche de l’hiver, l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) vient de lui demander de mettre à l’arrêt cinq réacteurs supplémentaires. Une mesure prise en raison de la détection d’anomalies "sérieuses" liées à l’excès de carbone sur des réacteurs déjà à l’arrêt. Alors que sur les 58 réacteurs exploités par EDF en France, 20 étaient hors service mercredi - la plupart pour maintenance classique -, 18 réacteurs sont potentiellement concernés par cette anomalie, dont 6 ont déjà redémarré après inspection. Autant dire que le parc nucléaire français ne va pas tourner à plein régime durant l'hiver. 


Dans ce contexte, faut-il craindre pour l’approvisionnement électrique et le prix du kw/h ? Pour le moment, EDF se borne à assurer que tout sera mis en œuvre pour satisfaire aux exigences de sécurité de l’ASN et disposer des réacteurs nécessaires lors du pic hivernal traditionnellement enregistré  en janvier et février. 

En attente des projections hivernales

Il ne faudrait néanmoins pas que la situation se dégrade. Fin septembre, en effet, EDF a revu à la baisse sa prévision de production nucléaire de 9% par rapport à 2015. 

Difficile cependant de se projeter sur la consommation d’énergie hivernale en l’absence des prévisions du gestionnaire du réseau électrique français RTE, qui doivent être communiquées dans les prochains jours. 

Le prix en question

En cas de production nucléaire insuffisante, EDF peut néanmoins compter sur ses capacités hydrauliques, thermiques et éoliennes, qui assurent plus de 20% de la production électrique française. En outre, les fournisseurs pourront s’appuyer sur l’interconnexion du réseau et accroître leurs importations. Mais à quel prix ?


Au-delà des capacités de production, les interrogations se portent en effet bien plus sur cette question. Après une baisse en début d’année, les prix sont nettement repartis à la hausse ces derniers mois, passant de 25 euros du mégawattheure au premier trimestre 2016 à près de 35 euros fin juin. Une augmentation portée, déjà avant l’été, par les incertitudes sur la disponibilité du parc nucléaire, que les nouveaux arrêts ne sont pas de nature à corriger. 

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