Près d’un Français sur quatre continue de renoncer à se soigner faute d'argent

Près d’un Français sur quatre continue de renoncer à se soigner faute d'argent

SANTE - Malgré l’extension des complémentaires santé, le renoncement aux soins reste une réalité pour près d’un Français sur quatre, selon une récente étude de la Fédération nationale indépendante des mutuelles (Fnim).

Le niveau de soins sensible au niveau de revenus des patients. C’est en quelque sorte la conclusion qui peut être (une nouvelle fois) tirée d’un récent sondage de la Fédération nationale indépendante des mutuelles (Fnim). Selon cette étude diffusée mardi, 37% des Français ont renoncé à des soins pour des raisons économiques au cours des deux dernières années. Cette proportion reste inchangée depuis 2014, traduisant un manque d’amélioration dans l’accès aux soins pour la plupart des Français. 


Dans le détail d'après cette enquête portant sur 1062 personnes, près d’un assuré sur deux (49%) gagnant moins de 20.000 euros par an a renoncé à se soigner pour des raisons financières. Une part qui tombe à 28% pour la catégorie de ceux percevant un revenu de 40.000 euros par an. Le phénomène de renoncement aux soins touche par ailleurs plus les femmes (43%) que les hommes (30%). 

L’absence de complémentaire, première cause de renoncement

Selon une étude de la direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques (Drees) datée de juillet 2015, l’absence de complémentaire santé, qui touche une part conséquente des chômeurs par exemple, reste le principal facteur de renoncement aux soins pour raisons financières. Des soins couverts principalement par les complémentaires, comme l’optique ou les soins dentaires, y sont particulièrement sensibles. 

Des réformes d’ampleur ont été réalisées ces deux dernières années. Ainsi depuis le 1er janvier dernier, les entreprises doivent proposer une couverture santé complémentaire à l’ensemble de leurs salariés, indépendamment de leur ancienneté. Celle-ci doit offrir un certain nombre de garanties dans le remboursement des actes, la prise en charge en cas d’hospitalisation ou encore les frais de dentiste ou d’optique. 

Une partie du coût des soins a augmenté du fait des réformes

En outre, une complémentaire santé dite "responsable" a également été mise en place. Ces contrats, qui représentent aujourd’hui plus de 90% des complémentaires santé, visent à garantir à chaque assuré un socle de protection basique et répondent à des critères strictes censés permettre de maîtriser les dépenses de soins, en respectant par exemple le parcours de soins et en plafonnant le remboursement de certains actes médicaux. 

Problème, cette couverture élargie, si elle est synonyme de gains pour les assurés en ce qui concerne la prise en charge des actes de base, s’est traduite par l’augmentation du reste à charge pour tout une série d’actes, dont ceux qui ont vu leur plafonnement de remboursement être abaissé du fait de la réforme. 


Selon une récente étude du cabinet Mercer, qui s’appuie sur 1,3 million d’assurés, le reste à charge moyen a plus que doublé pour les honoraires en hospitalisation, passant de 8,40 euros à près de 17 euros, et pour les consultations de spécialistes, de 2 euros à 4,60 euros. Des moyennes qui recouvrent de fortes disparités selon les spécialités, les territoires et le niveau de dépassement d'honoraires.

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