Traité transatlantique : la France met son poids dans la balance pour dire stop

Traité transatlantique : la France met son poids dans la balance pour dire stop

EUROPE - La France va demander officiellement vendredi l’arrêt des négociations engagées depuis 2013 entre l’UE et les Etats-Unis sur le controversé traité de libre-échange transatlantique (TTIP ou Tafta). Une démarche qui devrait amener les Etats membres à se positionner clairement sur ce dossier controversé.

Stop ou encore ? Après plusieurs alertes ces derniers mois sur l’enlisement des discussions au sujet du traité de libre-échange transatlantique (TTIP ou Tafta), la France va officiellement retirer vendredi son soutien à la Commission dans ce dossier controversé. Paris va ainsi réclamer l’arrêt des négociations entreprises avec l’administration Obama il y a de cela trois ans pour mettre au point cet accord commercial qui vise à créer la plus grande zone de libre-échange du monde, en réduisant les droits de douanes et en harmonisant les réglementations des deux côtés de l'Atlantique. De quoi satisfaire les opposants au projet en France, mais aussi dans le reste de l’Europe, alors qu’entre 160.000 et 320.000 Allemands ont à nouveau battu le pavé pour le dénoncer le week-end dernier.


L’initiative française, que va porter vendredi le secrétaire d’Etat français au Commerce extérieur, Matthias Fekl, devant ses homologues européens réunis à Bratislava (Slovaquie), ne marque cependant pas la fin des négociations qui sont du seul ressort de la Commission européenne. Celle-ci répond en effet au mandat que lui ont confié en 2013 les chefs d’Etats et de gouvernements européens pour dynamiser la croissance. Il faudra donc sans doute plus que la voix de la France pour stopper Ignacio Garcia Bercero, le négociateur en chef du TTIP, et ses équipes.

"Les négociations sur le TTIP n'ont pas avancé depuis 2013"

La France n’est toutefois pas tout à fait esseulée dans ce dossier. Une dizaine d’Etats membres, parmi lesquels l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne ou encore le Royaume-Uni critiquent également le protectionnisme dont fait preuve Washington dans les négociations, sans toutefois aller jusqu’à enterrer le TTIP. Pour Paris cependant, il y a urgence à agir afin d’éviter la signature d’un accord précipité qui se ferait au détriment des intérêts français. Et ce, alors que les Etats-Unis ne cachent pas leur volonté de parvenir à un accord d’ici la fin de l’année. 


"Les négociations sur le TTIP n'ont pas avancé depuis 2013. Nous constatons un échec. Notamment sur le dossier de l'accès aux marchés publics : les Américains ne veulent pas ouvrir le dossier",  a réaffirmé Matthias Fekl dans La Tribune mercredi. Outre l’ouverture des marchés publics américains, qui restent quasiment deux fois plus fermés qu’en Europe, Paris dénonce la rigidité de Washington sur les questions de reconnaissance des indications géographiques (type AOC, AOP), ou encore l’instauration d’une cour de justice internationale en lieu et place d’un arbitrage privé pour les litiges d’ordre commerciaux.


Pour autant, le gouvernement n’entend pas remettre en cause le principe d’un accord de libre-échange transatlantique. C'est bien sa forme actuelle qui est visée. C’est ainsi que Paris soutient le traité commercial entre l’Europe et le Canada (Ceta), qui doit être signé courant octobre par l’UE. Un accord du même ordre pourrait donc à terme voir le jour avec les Etats-Unis, mais dans le cadre d’un mandat de négociations revu et corrigé, intégrant notamment les contraintes écologiques issues de la COP21, rappelle à LCI une source proche du dossier. 

VIDEO - TAFTA : pour Matthias FEKL, défendre les intérêts français, ce ne sont pas des "gros mots" :

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