Élections américaines : Breitbart, ce site ultraconservateur pro-Trump qui veut s'implanter en France

Élections américaines : Breitbart, ce site ultraconservateur pro-Trump qui veut s'implanter en France

La présidence Donald Trump

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DÉCRYPTAGE - Breitbart News, une plateforme très éditorialisée, est devenue une référence pour l'électorat républicain durant la campagne américaine. Elle souhaiterait désormais s'installer en France.

Donald Trump doit une fière chandelle à Stephen Bannon. A la tête du site d'information ultraconservateur Breitbart, ce journaliste de 62 ans a court-circuité les médias traditionnels pour devenir le relais de "l'alt-right", ce courant d'extrême droite américain qui a poussé en partie le milliardaire à la tête des Etats-Unis. Ce dernier, après l'avoir débauché en août pour diriger sa campagne, a tout naturellement souhaité le conserver à la Maison Blanche. Nul doute que Breitbart lui survivra. Pour preuve, le pureplayer envisage de s'installer en France. 

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C'est en tout cas l'avis d'Alexander Marlow, le rédacteur en chef du site. Ce dernier a commencé à rencontrer des journalistes européens pour constituer des équipes en France et en Allemagne. La France est une cible "particulièrement intéressante", étant donné l’implantation de l’extrême droite, les inquiétudes liées au terrorisme et à la place de l’islam dans la société, expliquait-il en août au site Politico. 

"Raciste, extrémiste et offensant"

Si une ouverture en France serait donc dans les tiroirs depuis longtemps, la victoire de Donald Trump donne à ce projet de nouvelles ambitions. Il faut dire que Breitbart a un but : faire élire des personnalités de droite dans ces pays, selon des sources proches de Stephen Bannon citées par Reuters. C'est d'ailleurs tout le paradoxe de cette plateforme : s'afficher comme un média mais multiplier les éditos et prendre position très tranchées en faveur d'un candidat.


Un mélange des genres que le site cultive depuis 2007 et sa création par Andrew Breitbart, un éditorialiste conservateur du Washington Times (ndlr : à ne pas confondre avec le Washington Post). Tout d'abord confidentiel, le pureplayer va très vite se faire une réputation en surfant sur la vague du Tea Party, le courant né aux Etats-Unis en 2008 sous l’impulsion de conservateurs américains opposés à la réforme du système de santé d’Obama. Quand Andrew Breitbart meurt en 2012, Stephen Bannon, un ancien journaliste du Huffington Post, reprend le flambeau. L'année suivante, il ouvre une succursale au Royaume-Uni, sur fond de début de campagne pour le Brexit. 


Les élections de 2016 seront sa consécration : avec 2,7 millions d'abonnés sur Facebook, le site (qui compte une centaine d'employés) bouscule la couverture médiatique de la campagne en multipliant les attaques contre le camp démocrate. A tel point qu'Hillary Clinton sera obligée de sortir de sa réserve : en août, durant un meeting, elle le juge le site "raciste, extrémiste et offensant". "Un grand moment", pour le rédacteur en chef du site, Alexander Marlow, qui y avait vu l'occasion de se faire de la publicité à moindre frais.

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