Élections américaines - Comment Trump peut remettre en cause le droit à l’avortement

Élections américaines - Comment Trump peut remettre en cause le droit à l’avortement

DÉCRYPTAGE – Le président-élu des Etats-Unis a confirmé ses convictions "pro-life", laissant planer le doute sur l'avenir de l'avortement dans le pays. Un sujet épineux depuis sa légalisation en 1973. LCI fait le point.

Attention, sujet épineux.  La question de l'avortement, l'un des sujets de société qui déchire le plus les Etats-Unis, est à nouveau sur le gril après l'élection de Donald Trump. Le futur président républicain a en effet annoncé sa volonté de nommer au sein de la Cour Suprême des juges "pro-life" (ndlr : "pro-vie", donc opposé à l'IVG. A contrario, le mouvement favorable à l'avortement est surnommé "pro-choice"). Au risque de prendre le contre-pied d'une législation en vigueur depuis plus de quarante ans. Explications.

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Ce que dit la loi…

Le 22 janvier 1973, dans une décision connue sous le nom de "Roe vs Wade", la Cour Suprême des Etats-Unis décidait que le droit à l'avortement était un droit fondamental garanti dans l'ensemble du pays par la Constitution. Elle s'appuyait notamment sur le droit au respect de la vie privée. 

… ce qui se passe en réalité

Dans les faits, les "pro-life" multiplient les assauts contre le feu vert de la Cour Suprême. Et parviennent à obtenir des restrictions au droit à l'avortement qui prennent de multiples formes : interdiction des méthodes médicales les plus courantes, délais d'attente rallongés imposés aux femmes, réduction draconienne de la période autorisée pour une IVG, complications administratives visant les médecins avorteurs, pressions psychologiques émanant de pseudo centres d'avortement, octroi de la personnalité juridique à un foetus dès sa conception, etc. 


Selon le Guttmacher Institute, organisme de recherche favorable à l'IVG mais dont les études font référence, les Etats américains ont adopté de 2011 à 2014 pas moins de 231 législations restreignant les conditions de pratique de l'IVG. Parallèlement, le nombre d'Etats hostiles à l'avortement est passé de 13 en 2000 à 27 en 2014, selon cet institut.

Ce qu'a dit Trump durant sa campagne

Donald Trump a longtemps défendu l'avortement avant de s'y opposer dans sa campagne. Fin mars, il avait ainsi affirmé qu'il devait y avoir "une certaine forme de punition" pour les femmes qui y ont recours… avant de rétropédaler, acculé par les critiques : "Les lois sur l'avortement sont établies maintenant et c'est ainsi qu'elles vont rester, jusqu'à ce qu'elles changent". Il a également corrigé le tir en disant que les médecins devaient être punis, pas les femmes.

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Ce qu'il dit depuis son élection

"Voici ce qui va se passer. Je suis pro-life (anti-avortement) et les juges (ndlr : de la Cour Suprême) seront pro-life", a estimé le président-élu durant sa première interview. Donald Trump va en effet devoir nommer un juge à la Cour suprême car un siège est actuellement vacant. Et il pourrait procéder au cours de son mandat à d'autres nominations en cas de décès ou de départ en retraite d'autres juges. 


De quoi faire basculer la majorité dela Cour suprême, qui comprend neuf juges, en faveur d'une nouvelle décision contre l'avortement. "Pour ce qui est de l'avortement, si l'amendement était déjugé, la décision reviendrait aux différents Etats, ce serait de la compétence des Etats", a-t-il précisé. Avant d'ajouter un mot à l'attention des femmes qui vivent dans des Etats où l'avortement serait interdit : "Elles devront peut-être changer d'Etat pour pratiquer un avortement. Nous verrons ce qu'il se passera. C'est un long, long chemin..."

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