VIDÉO - Stephen Bannon, l'homme qui murmurait à l'oreille de Donald Trump

L'investiture de Donald Trump

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PORTRAIT - Il est l'épouvantail de l'administration Trump, en cours de création. Stephen Bannon, nommé haut conseiller et chef de la stratégie de Donald Trump, fait peur à l'Amérique démocrate pour son ardente défense des thèses ultra-conservatrices. Ce dont son nouveau patron ne semble pas se formaliser tant que ça.

Il est considéré comme "l’homme le plus dangereux de la scène politique américaine" par Bloomberg. Son nom : Stephen Bannon. Directeur général de l'équipe de campagne de Donald Trump depuis août 2016, alors que le milliardaire américain baissait dans les sondages, Bannon partage les mêmes idées que le nouveau président américain et tiendra une place essentielle dans son organigramme. Nommé conseiller pour le poste de "chief of staff", finalement attribué au président du parti républicain Reince Priebus, Bannon a été nommé dimanche "haut conseiller et chef de la stratégie". 

Breitbart ? Une publication comme une autreDonald Trump

A 62 ans, le natif de Norfolk, en Virginie, dispose d’un CV étoffé et des plus sulfureux. Auteur d’un film à la gloire de Sarah Palin sorti en juillet 2011, intitulé "Sarah Palin: The Undefeated", Bannon est notamment surnommé "Goebbels" par le polémiste conservateur et commentateur de la chaîne Fox Glenn Beck. Il fut également à la tête d’un site internet extrêmement populaire aux Etats-Unis, Breitbart News. Un site qu’il voulait pousser au niveau mondial et qu’il qualifie "de centre droit, à la ligne populo-nationaliste." Un brûlot antisémite et misogyne pour ses détracteurs, qui voient en Bannon un suprémaciste blanc.


Des inquiétudes que Donald Trump, interviewé par le New York Times, a balayé, dans son style habituel, mardi 22 novembre. D'abord sur Breitbart News :

"C'est juste une publication [comme une autre, ndlr]. Ils couvrent des histoires comme vous [le New York Times, ndlr] couvrez des histoires. C'est sûr que les articles sont beaucoup plus conservateurs, pour le dire gentiment, que dans le New York Times. Mais Breitbart est vraiment une organisation qui a obtenu un certain succès. Ils ont des lecteurs, ils traitent leurs sujets à droite, mais aussi à gauche. C'est un sacré truc."


Ou sur Bannon, lui-même :

"Si je pensais qu'il était raciste ou membre de la droite alternative ou quoi que ce soit des termes qu'on utilise pour les qualifier, je n'aurais même pas pensé à l'embaucher. [...] Je pense que tout ça [les accusations d'appartenance à la mouvance nationaliste blanche] très dur pour lui. Je pense que c'est un moment difficile pour lui. Parce que ce n'est pas lui."

Anti-establishment, sexiste et ultra-clivant

Anti-immigrés et anti-establishment politique, le site de Bannon propose pourtant des éditos volontiers clivants et provocateurs, notamment à l’encontre des femmes. Dans l’un d’entre eux, il est expliqué qu’il n’y a "pas de discrimination contre les femmes à l’embauche, c’est juste qu’elles sont nulles en entretien." Des propos sexistes qui trouvent visiblement écho chez de nombreux internautes, Breitbart News étant le site le plus performant sur Facebook devant CNN.


Pro-Trump et très critique à l’encontre de la rivale du milliardaire américain, Hillary Clinton, Breitbart News n’hésite pas non plus à s’en prendre aux figures du parti conservateur, l'ancien candidat à la présidentielle John McCain ou l'actuel président de la Chambre des représentants Paul Ryan en tête. 


En août dernier, Hillary Clinton avait fustigé ce site, le qualifiant d’"extrémiste, sectaire, colporteur de théories du complot anti-musulmans et antisémites. Ce site ne devrait jamais être près des leviers du pouvoir dans ce pays." Malheureusement pour la vaincue, cette hypothèse pourrait bien se concrétiser dans les semaines qui viennent.

Bientôt en France ?

Implanté aux Etats-Unis mais aussi à Londres et à Jérusalem, Breitbart News souhaite également prendre progressivement ses quartiers en France, si possible avant l’élection présidentielle 2017. "Nous pensons que la France est l’endroit où il faut être, avec ses jeunes entrepreneurs, les femmes de la famille Le Pen", déclare Bannon en juillet à Radio-Londres, avant d’ajouter : "Marion Maréchal-Le Pen est la nouvelle étoile montante." Une vraie fausse invitation à collaborer, que la benjamine de l'Assemblée nationale a prise au pied de la lettre.

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