Avant l'arrivée de Trump, la Californie se mobilise pour protéger les sans-papiers des expulsions

Avant l'arrivée de Trump, la Californie se mobilise pour protéger les sans-papiers des expulsions

POLÉMIQUE - La Californie se tient prête pour tenter de protéger les sans-papiers des expulsions promises par le président élu. Sauf que ses pouvoirs sont limités.

La Californie plus récalcitrante que jamais à l'arrivée de Donald Trump. L'Etat le plus peuplé des Etats-Unis, réputé pour son libéralisme en matière de mœurs, semble avoir du mal à accepter l'arrivée du républicain à la Maison Blanche dans deux semaines. Dernier exemple en date : les initiatives qui se multiplient pour protéger les sans-papiers des expulsions promises par le président élu.

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Donald Trump promet d'expulser jusqu'à 3 millions d'immigrés clandestins

"Ce n'est pas notre travail" de pourchasser les sans-papiers

"Nous avons entendu les insultes, les mensonges, les menaces ... Si vous voulez les attraper, il faudra d'abord passer par nous", a par exemple assuré le chef de l'assemblée californienne, Anthony Rendon. Ce démocrate d'origine mexicaine n'a que faire des menaces de Donald Trump, qui se dit quant à lui prêt à couper les fonds fédéraux des quelques 300 "villes sanctuaires" autoproclamées dans le pays. Les autorités de ces municipalités disent en effet qu'elles n'appliqueront pas les mesures anti-immigrés de la future administration. "C'est dans notre ADN d'être une ville sanctuaire", assure le maire de San Francisco Ed Lee.


Son homologue de Los Angeles, Eric Garcetti, veut quant à lui créer un fonds de 10 millions de dollars pour apporter une aide juridique gratuite aux sans-papiers, pour la plupart hispaniques. Le chef de la police de la deuxième plus grande ville américaine, Charlie Beck, a été lui aussi très clair : "Ce n'est pas notre travail" de pourchasser les sans-papiers. Le nouveau ministre californien de la Justice Xavier Becerra, un ex-parlementaire fils d'immigrés mexicains, a également averti : "S'ils veulent se mesurer à un Etat progressiste prêt à défendre ses droits et ses intérêts, qu'ils viennent!".

Les expulsions en hausse sous l'ère Obama

Problème : les autorités locales ont peu de pouvoir pour contrer de potentiels coups de filet fédéraux. En 2015, sur les 235.413 personnes expulsées du pays, dont 59% avaient un casier judiciaire, 6.869 avaient été arrêtées à Los Angeles, selon des statistiques gouvernementales. Des expulsions en hausse depuis… l'arrivée de Barack Obama. Sous ses deux mandats, elles ont atteint des niveaux historiques : 2,5 millions. D'où le surnom d'"expulseur en chef" affublé par ses détracteurs au président sortant. Pour la défense de Barack Obama, il convient de rappeler que la réforme migratoire promise en 2012 a été paralysée par la ferme opposition des parlementaires républicains à Washington.


A l'approche du 20 janvier, l'association de défense des immigrés Unión del Barrio, elle, multiplie les réunions d'information avec les sans-papiers. Ils seraient quelque 11 millions dans le pays, selon les autorités. Des manifestations anti-Trump se préparent pour le 20 janvier, où leur cause devrait être – parmi tant d'autres - défendue. La plus importante prévue ? Celle de Los Angeles.

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