Jared Kushner, le gendre idéal de Trump bombardé conseiller spécial

L'investiture de Donald Trump

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PORTRAIT – Jared Kushner, le gendre du président, est l’une des voix les plus écoutées par Donald Trump, au point qu'il va être nommé haut conseiller auprès de son beau-père. De quoi alimenter les soupçons de conflits d'intérêt et de népotisme au sein de l'administration Trump. Eléments de portrait.

Certains l’appellent déjà le "Raspoutine" de Donald Trump. Et pour cause : Jared Kushner, 35 ans, est omniprésent. Comme l'éminence grise du tsar Nicolas II, l'époux d’Ivanka Trump, la très influente fille ainée du milliardaire (il sont mariés depuis 2009), a petit à petit réussi à devenir l’homme de l’ombre de son beau-père. D'homme de l'ombre, il est en passe d'accéder à la lumière officielle, puisqu'il va être nommé haut conseiller de Donald Trump.

Coupeur de têtes, faiseur de roi

Un poste qu'il occupe officieusement. Peu de temps après l'élection, son nom déjà, les médias américains rappelaient qu'il avait œuvré en coulisses pour éloigner de Trump l'un de ses proches conseillers, le gouverneur républicain du New Jersey Chris Christie, dans ce qui a été qualifié de "purges staliniennes". 


La raison de cette éviction ? Une vieille affaire de fraude fiscale qui remonte à l’époque où Christie était encore procureur général du "Garden State". Il avait fini par faire emprisonner le père de Jared, Charles Kushner, alors grand contributeur des campagnes démocrates dans cet Etat de la côte Est des Etats-Unis. Un épisode qui a traumatisé le gendre de Donald Trump. 

Coupeur de tête, Jared Kushner est aussi, de l’avis de nombreux observateurs, un faiseur de roi. Selon le magazine BusinessWeek, celui qui a racheté il y a 10 ans l'alors-très élitiste journal The New York Observer, a joué un rôle déterminant dans la promotion de la campagne Trump sur les réseaux sociaux. Une stratégie qui a permis de contourner l’hostilité de la plupart des grand médias et de contribuer à finalement faire élire le candidat républicain.


Rien ne semblait pourtant prédestiner Jared Kushner à participer au retour du Grand old party (GOP) au pouvoir. Né de parents juifs orthodoxes proches du parti démocrate, il a longtemps été perçu comme celui qui allait perpétuer la tradition familiale. Outre sa place d’héritier de l’empire Kushner (il est copropriétaire du groupe immobilier Kushner Companies), il a, comme son père, assez largement contribué au financement de candidats démocrates depuis une quinzaine d'années. 

6000 dollars de dons à… Hillary Clinton

Selon les registres de la Commission électorale fédérale, Jared Kushner a ainsi donné plus de 100.000 dollars à des membres du parti démocrate depuis 1999, dont 6000 à… Hillary Clinton (en 2000 et en 2003). La candidate malheureuse à l’élection présidentielle de 2016 concourrait alors pour le poste de sénatrice de l’Etat de New-York.  


Aussi surprenantes soient-elles, ces contributions ne montrent en fait que l’un des nombreux points communs qu’il partage avec son beau-père. Et de fait : avant de devenir le 18e républicain élu président des Etats-Unis, Donald Trump se disait lui aussi plus proche des idées progressistes du parti démocrate. "Vous seriez choqué si je vous disais que, sur beaucoup de sujets, je m’identifie plus aux démocrates qu’aux républicains. Cela fait un moment que je suis dans les affaires et je constate que l’économie va toujours mieux quand ce sont les démocrates au pouvoir", expliquait ainsi le futur locataire de la Maison-Blanche en 2004 sur CNN

Un rôle clé dans le futur gouvernement... malgré tout

De cette proximité idéologique est née une réelle complicité. Si bien qu’aujourd’hui, Donald Trump ferait du forcing pour que son gendre puisse participer à l’exercice du pouvoir. Dès sa nomination à l'investiture républicaine en juillet, il avait, par exemple souligné, que Jared Kushner aimait "la politique plus que l'immobilier".


Selon plusieurs médias, le président-élu aurait d’ailleurs demandé à ce que le mari d’Ivanka puisse assister aux briefings de sécurité quotidiens de la présidence américaine auxquels le prochain locataire du Bureau ovale est désormais associé. Peu de temps après l'élection, Politico révélait le rêve de Trump : faire de Kushner un conseiller très particulier. Une volonté que les lois américaines anti-népotisme, notamment un texte de 1967 interdisant au président ou aux membres du Congrès d’embaucher leurs proches n'a finalement pas empêché. Donald Trump pourrait, pour s'éviter le moindre embarras, profiter de la toute puissance républicaine sur les deux chambres, pour faire voter un amendement à ces lois. C'en sera alors fini de l'éminence grise et "Raspoutine" pourra enfin sortir de l'ombre.

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