La première mesure de Trump n'est plus le mur avec le Mexique mais la sortie du traité transpacifique

ETATS-UNIS - Fraîchement élu, Donald Trump n'est pas encore à la Maison Blanche, mais il a d'ores et déjà annoncé sa première mesure, dans une courte-vidéo diffusée ce lundi. Le président engagera le retrait des États-Unis du traité commercial transpacifique, le TPP, signé en 2015 par douze pays de la région Asie-Pacifique.

"Mon agenda repose sur un unique principe : l'Amérique d'abord". Petit drapeau américain accroché sur le revers de la veste, Donald Trump a détaillé dans une courte vidéo, publiée le 21 novembre 2016, ses premières mesures pour les 100 premiers jours de son mandat présidentiel. Et le milliardaire a surpris. Contrairement à ce qu'il avait prôné tout au long de sa campagne, sa première mesure ne sera finalement pas de construire un mur entre les Etats-Unis et le Mexique, mais d'engager le retrait des États-Unis du TPP, le traité commercial transpacifique signé en 2015 par douze pays de la région Asie-Pacifique, comme le Canada et le Japon, à l'exclusion de la Chine. 

Le TPP, qu'est-ce que c'est ?

Le TPP, qui implique États-Unis, Canada, Mexique, Chili, Pérou, Japon, Malaisie, Vietnam, Singapour, Brunei, Australie et Nouvelle-Zélande, est l'un des plus grands traités de libre-échange jamais signés. Objectif  ? Harmoniser les normes juridiques et sanitaires entre les membres et abaisser les droits de douane. "A la place, nous négocierons des traités commerciaux bilatéraux et justes qui ramèneront les emplois et l'industrie sur le sol américain", annonce Donald Trump. 

"Un désastre total"

Afin d'entrer en vigueur, ce partenariat porté par le président sortant Barack Obama devait encore être approuvé par le Congrès américain, dominé par les républicains. Or pour Donald Trump, ce traité était "un désastre total" pour les États-Unis. En juin 2016, il le considérait déjà comme le "plus grand danger actuel" pour le pays, relate la BBC (en anglais). 

Une annonce fracassante qui risque de remettre en cause l'avenir du traité commercial en divisant les pays sur la marche à suivre. En effet, peu de temps avant la publication de la vidéo de Donald Trump, le Premier ministre japonais, Shinzo Abbe avait déclaré que, sans les États-Unis, le TPP serait "sans-interêt", rappelle la BBC


Un "désastre" nuancé par d'autres chefs d'États, à l'instar du Premier ministre australien. Pour Malcolm Turnbull, cité par le média britannique, que les États-Unis fasse comme bon leur semble, car "il y a une volonté très forte de ratifier le TPP parmi les onze autres pays, afin que celui-ci rentre en vigueur." Najib Razak, le Premier ministre de la Malaisie, considère de son côté que le président américain est dans son "droit". 

Une politique économique protectionniste

En matière d'immigration, M. Trump entend "enquêter sur les abus des programmes de visas" afin de ne pas disqualifier le "travailleur américain". Néammoins, ses mesures les plus polémiques pendant la campagne ont disparu dans ce qui ressemble à un premier discours  : plus aucune mention de ses propositions polémiques de mur entre le Mexique et les États-Unis, ou encore de l'expulsion de millions de migrants sans-papiers, de la limitation d'entrée sur le territoire des musulmans.  Le premier mur de Trump n'est pas physique mais protectionniste. 

L'annonce de Donald Trump risque de plus d'enterrer un peu plus le Tafta, le traité de libre-échange transatlantique. La chancelière allemande Angela Merkel avait reconnu jeudi 17 novembre, lors de la visite d'adieu de Barack Obama que la politique protectionniste à venir du nouveau président américain risquait de compromettre les négocations avec l'Union Européenne. "Je me suis toujours beaucoup investie pour la conclusion d'un accord de libre-échange avec les États-Unis, nous avons bien avancé dans les négociations mais maintenant elles ne peuvent être conclues", a ainsi déclaré la dirigeante à l'AFP. 

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