Qui est Jared Kushner, le gendre (idéal) de Trump visé par l'enquête du FBI sur la Russie ?

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PORTRAIT – Jared Kushner, gendre et haut conseillé de Donald Trump, se retrouve dans le viseur du FBI dans l'enquête sur les ingérences russes durant la campagne présidentielle américaine. Eléments de portrait de celui que certains n'hésitent pas à qualifier de "Raspoutine" du président des Etats-Unis.

Certains l’appellent le "Raspoutine" de Donald Trump. Et pour cause : Jared Kushner, 35 ans, est omniprésent. Comme l'éminence grise du tsar Nicolas II, l'époux d’Ivanka Trump, la très influente fille ainée du milliardaire (il sont mariés depuis 2009), a petit à petit réussi à devenir l’homme de l’ombre de son beau-père. À tel point que celui qui fut bombardé haut conseiller du président à la Maison-Blanche début 2017 se retrouve aujou'd'hui dans le viseur du FBI. 


La raison : les enquêteurs fédéraux "pensent que Kushner a des informations importantes concernant leur enquête", rapporte notamment la chaîne NBC, précisant qu'il n'est pas forcément suspecté d'avoir commis un délit. Considéré comme un intermédiaire central du chef de l'Etat en matière de politique étrangère, Jared Kushner avait notamment rencontré en décembre l'ambassadeur russe à Washington Sergueï Kislyak, déjà lié à la démission de Michael Flynn - lui aussi au coeur de l'enquête - en février dernier. Pas de quoi effrayer le gendre du président a priori. 

Coupeur de têtes, faiseur de roi

Jared Kushner est en effet reconnu comme l'un des membres les plus puissants du clan Trump. Une prépondérance et un poids dont il a su se servir à plusieurs reprises. Peu de temps après l'élection, les médias américains rappelaient ainsi qu'il avait œuvré en coulisses pour éloigner du magnat de l'immobilier l'un de ses proches conseillers, le gouverneur républicain du New Jersey Chris Christie, dans ce qui a été qualifié de "purges staliniennes". 


À l'origine de cette éviction ? Une vieille affaire de fraude fiscale qui remonte à l’époque où Christie était encore procureur général du "Garden State" et avait fini par faire emprisonner le père de Jared, Charles Kushner, alors grand contributeur des campagnes démocrates dans cet Etat de la côte Est des Etats-Unis. Un épisode qui a traumatisé le mari d'Ivanka Trump.

Coupeur de tête, Jared Kushner est aussi, de l’avis de nombreux observateurs, un faiseur de roi. Selon le magazine BusinessWeek, celui qui a racheté il y a 10 ans l'alors-très élitiste journal The New York Observer, a joué un rôle déterminant dans la promotion de la campagne Trump sur les réseaux sociaux. Une stratégie qui a permis de contourner l’hostilité de la plupart des grand médias et de contribuer à finalement faire élire le candidat républicain.


Rien ne semblait pourtant prédestiner Jared Kushner à participer au retour du "Grand old party" (GOP) au pouvoir. Et de fait : né de parents juifs orthodoxes proches du parti démocrate, il a longtemps été perçu comme celui qui allait perpétuer la tradition familiale. Outre sa place d’héritier de l’empire Kushner (il est copropriétaire du groupe immobilier Kushner Companies), il a, comme son père, assez largement contribué au financement de candidats démocrates depuis une quinzaine d'années. 

6000 dollars de dons à… Hillary Clinton

Selon les registres de la Commission électorale fédérale, Jared Kushner a ainsi donné plus de 100.000 dollars à des membres du parti démocrate depuis 1999, dont 6000 à… Hillary Clinton (en 2000 et en 2003). La candidate malheureuse à l’élection présidentielle de 2016 concourrait alors pour le poste de sénatrice de l’Etat de New-York.  


Aussi surprenantes soient-elles, ces contributions ne montrent en fait que l’un des nombreux points communs qu’il partage avec son beau-père ; avant de devenir le 18e républicain élu président des Etats-Unis, Donald Trump se disait lui aussi plus proche des idées progressistes du parti démocrate. "Vous seriez choqué si je vous disais que, sur beaucoup de sujets, je m’identifie plus aux démocrates qu’aux républicains. Cela fait un moment que je suis dans les affaires et je constate que l’économie va toujours mieux quand ce sont les démocrates au pouvoir", expliquait ainsi le futur locataire de la Maison-Blanche en 2004 sur CNN


De cette proximité idéologique est née une réelle complicité. Si bien qu’aujourd’hui, Donald Trump ferait du forcing pour que son gendre puisse participer à l’exercice du pouvoir. Dès sa nomination à l'investiture républicaine en juillet, il avait, par exemple souligné, que Jared Kushner aimait "la politique plus que l'immobilier". Mais c'est sans doute à cause de cette complicité et de cette place à part que le "Raspoutine" de Donald Trump se retrouve désormais visé par le FBI. 

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