VIDÉO - Les chemins de Donald Trump et Steve Bannon, son conseiller controversé, se séparent

PORTRAIT - Donald Trump va limoger Steve Bannon, son conseiller stratégique, selon le quotidien New York Times qui cite vendredi des collaborateurs du président américain.

Il était considéré comme "l’homme le plus dangereux de la scène politique américaine" par Bloomberg. Son nom : Steve Bannon. Directeur général de l'équipe de campagne de Donald Trump depuis août 2016, Bannon a longtemps été considéré comme l'homme qui murmurait à l'oreille de Donald Trump, voire celui qui tirait les ficelles. Au point d'être nommé "haut conseiller et chef de la stratégie" lorsque son champion est entré à la Maison Blanche. 


Là, il s'est d'abord occupé des basses besognes (notamment en plombant le National Security Council) n'hésitant pas, dernièrement, a monté au créneau lorsque Donald Trump renvoyait dos à dos les suprémacistes blancs et les anti-racistes durant les événements de Charlottesville. Mais cela n'a pas suffi à calmer la colère du président américain. 


Selon le New York Times, Steve Bannon, qui n'a jamais caché ses accointances avec l'extrême droite américaine, aurait notamment provoqué l'ire du président en alimentant d'innombrables fuites dans la presse pour nuire aux factions rivales au sein de la Maison Blanche.  Parmi lesquelles des membres de la famille Trump.  Ce vendredi, le couperet est tombé et l'affaire entendue : il n'est plus que de savoir quand et comment annoncer la fin de la collaboration. Le quotidien new-yorkais explique que c'est Bannon lui-même qui aurait présenté sa démission, le 7 août dernier. 

Ecoutez, j'aime bien Mr. Bannon, c'est un de mes amis"Donald Trump, le 15 août 2017

A 62 ans, le natif de Norfolk, en Virginie, dispose d’un CV étoffé et des plus sulfureux. Auteur d’un film à la gloire de Sarah Palin sorti en juillet 2011, intitulé "Sarah Palin: The Undefeated", Bannon est notamment surnommé "Goebbels" par le polémiste conservateur et commentateur de la chaîne Fox Glenn Beck. Il fut également à la tête d’un site internet extrêmement populaire aux Etats-Unis, Breitbart News. Un site qu’il voulait pousser au niveau mondial et qu’il qualifie "de centre droit, à la ligne populo-nationaliste." Un brûlot antisémite et misogyne pour ses détracteurs, qui voient en Bannon un suprémaciste blanc.


Des inquiétudes que Donald Trump, interviewé par le New York Times, balayait, dans son style habituel, en novembre 2016. D'abord sur Breitbart News :

"C'est juste une publication [comme une autre, ndlr]. Ils couvrent des histoires comme vous [le New York Times, ndlr] couvrez des histoires. C'est sûr que les articles sont beaucoup plus conservateurs, pour le dire gentiment, que dans le New York Times. Mais Breitbart est vraiment une organisation qui a obtenu un certain succès. Ils ont des lecteurs, ils traitent leurs sujets à droite, mais aussi à gauche. C'est un sacré truc."


Ou sur Bannon, lui-même :

"Si je pensais qu'il était raciste ou membre de la droite alternative ou quoi que ce soit des termes qu'on utilise pour les qualifier, je n'aurais même pas pensé à l'embaucher. [...] Je pense que tout ça [les accusations d'appartenance à la mouvance nationaliste blanche] très dur pour lui. Je pense que c'est un moment difficile pour lui. Parce que ce n'est pas lui." 


Mardi dernier, dans le hall de la Trump Tower, le président reprenait encore peu ou prou les mêmes arguments... 

Anti-establishment, sexiste et ultra-clivant

Anti-immigrés et anti-establishment politique, le site de Bannon propose pourtant des éditos volontiers clivants et provocateurs, notamment à l’encontre des femmes. Dans l’un d’entre eux, il est expliqué qu’il n’y a "pas de discrimination contre les femmes à l’embauche, c’est juste qu’elles sont nulles en entretien." Des propos sexistes qui trouvent visiblement écho chez de nombreux internautes, Breitbart News étant le site le plus performant sur Facebook devant CNN.


Pro-Trump et très critique à l’encontre de la rivale du milliardaire américain, Hillary Clinton, Breitbart News n’hésite pas non plus à s’en prendre aux figures du parti conservateur, l'ancien candidat à la présidentielle John McCain ou l'actuel président de la Chambre des représentants Paul Ryan en tête. 

En août dernier, Hillary Clinton avait fustigé ce site, le qualifiant d’"extrémiste, sectaire, colporteur de théories du complot anti-musulmans et antisémites. Ce site ne devrait jamais être près des leviers du pouvoir dans ce pays." Malheureusement pour la vaincue, cette hypothèse pourrait bien se concrétiser dans les semaines qui viennent.

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