"Rien ne pourra me faire changer d’avis, je suis candidat" : ce qu'il faut retenir de la contre-attaque de François Fillon

L'affaire Penelope Fillon

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AFFAIRE FILLON- Sous pression, notamment de son propre camp, François Fillon a tenu lundi une conférence en forme de dernière chance, près de deux semaines après les premières révélations du "Canard enchaîné" sur les soupçons d’emploi fictif visant sa femme Penelope.

Au cours d’une opération vérité ce lundi, François Fillon a, durant une vingtaine minutes, martelé à nouveau n’avoir rien fait d’illégal, s'efforçant d'apporter des justifications aux différentes révélations parues ces derniers jours dans la presse. Il a toutefois présenté ses "excuses" aux Français sur un plan moral. Devant quelque 250 journalistes réunis à son QG de campagne, porte de Versailles, l’ancien Premier ministre a fustigé "des accusations infondées qui me prennent pour cible après trente-deux ans de vie politique sans aucun problème judiciaire"  et d’une "éthique irréprochable". Toutefois, abordant les questions des journalistes, il a précisé qu'il ne répondrait à aucune question  sur les procédures en cours. 


Soulignant n’avoir "jamais enfreint la loi", le candidat de la droite a dénoncé des "attaques d’une violence inouïe", a-t-il répété. "Oui, j’ai employé mon épouse comme collaboratrice". Un "poste" que l’épouse du parlementaire a exercé "pendant quinze ans pour un salaire de 3.677 euros net par mois. Un salaire parfaitement justifié pour une personne diplômée en droit et en lettres". 


Concernant le travail réalisé par Penelope Fillon 

François Filon a expliqué que le métier d'assistant parlementaire est "fait de différentes tâches simples mais essentielles", égrainant pêle-mêle la "gestion du courrier", la "tenue de l’agenda" du parlementaire Fillon, la "participation à des événements locaux", des "remises de décorations"…. "C’est ce qu’elle a traité", a-t-il souligné, ajoutant qu’il s’agissait  de tâches "indispensables à (ses) activités d’élu". Quant à l’absence de messagerie électronique à l’Assemblée nationale, le candidat a fustigé "la méconnaissance du travail de collaborateur parlementaire". 


Concernant l’interview que Penelope Fillon avait donné en 2007 au Sunday Telegraph

Le candidat Les Républicains a évoqué "une interview en anglais sortie de son contexte". Penelope "n’a jamais été ma subordonnée, elle a toujours été avant tout ma compagne de travail et ma collaboratrice". Soulignant le caractère discret de son épouse, François Fillon a estimé qu’on "retournait aujourd’hui cette discrétion contre elle et contre moi". Le candidat LR a en outre indiqué : "la journaliste qui a accompli cette interview s’est manifestée personnellement auprès de mon épouse pour lui dire à quel point elle était choquée par l’utilisation qui avait été faite des morceaux de cette interview". Une déclaration que n'a visiblement pas appréciéé la journaliste en question, Kim Willsher, qui a infirmé sur Twitter les propos du candidat à son propos. 

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François Fillon fait le point sur les différentes tâches de son épouse

Concernant les rémunérations de ses enfants

Là encore, François Fillon a souligné le caractère légal des salaires versés durant 15 et 6 mois à sa fille et à son fils pour un montant net de l’ordre de 3000 euros par mois dans le respect de l’usage des "crédits alloués à un parlementaire". 


François Fillon va publier les salaires perçus par son épouse

Dans la lignée de cette opération transparence, le candidat à la présidentielle a annoncé qu’il publierait "dans la soirée" sur internet un tableau reprenant les rémunérations perçues par son épouse. Au cours de son intervention, l'ancien Premier ministre a listé l’ensemble de son patrimoine, rappelant que ses avoirs bancaires, avec son épouse, étaient regroupés à l’agence du Crédit Agricole de Sablé-sur-Sarthe dans une quinzaine de comptes, parmi lesquels des plans d’épargne et d’assurances-vie.

Sur le plan moral

"Ce qui était acceptable hier ne l’ai plus aujourd’hui", a reconnu l’ancien Premier ministre. A ce titre, il a présenté ses excuses aux Français. "En travaillant avec ma femme et mes enfants j’ai privilégié cette collaboration de confiance qui suscite aujourd’hui de la méfiance", a-t-il commenté. "S’il faut réformer le système, alors réformons-le", a-t-il poursuivi. 


Concernant les chèques perçus au Sénat

Le site Mediapart a révélé ces derniers jours  que François Fillon aurait, à travers des chèques qui lui ont été remis, perçu une partie du reliquat des crédits alloués aux parlementaires. Des informations que le député de Paris n’a pas démenties. Ce dernier a ainsi souligné qu’il s’agissait de "pratiques anciennes". "Je ne suis pas à l’origine de ces pratiques, a-t-il commenté. Suis-je poursuivi pour ces pratiques ? Non. Est-ce qu’elles doivent cesser ? Oui." 


Sur la suite de la campagne présidentielle

Après avoir estimé qu’il n’y avait pas de plan B, François FIllon a assuré être le candidat légitime de la droite et du centre après la primaire qu'il a remportée. "Rien ne pourra me faire changer d’avis, je suis candidat à l'élection présidentielle", a-t-il notamment martelé en réponse à la question d'une journaliste. 

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"La réalité des faits", selon François Fillon

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