Alter-votants : plutôt que de s'abstenir, ils "donnent" leur bulletin à des étrangers sans droit de vote

Alter-votants : plutôt que de s'abstenir, ils "donnent" leur bulletin à des étrangers sans droit de vote

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INITIATIVE - Le collectif Alter-votants propose d'organiser des rencontres entre des abstentionnistes, des indécis ou des déçus de la politiques, et des étrangers vivant en France mais qui n'ont pas le droit de vote. L'objectif : que les premiers votent pour les seconds. Une manière inédite de militer pour étendre le droit de vote aux étrangers résidents. Nous avons parlé à l'un des fondateurs de la plateforme.

C'est une initiative jamais vue en France. À l'occasion des élections présidentielles et législatives, Alter-votants propose de "faire voter" des étrangers résidant en France et qui n'ont pourtant pas le droit de vote. Une façon d'instaurer le fameux droit de vote des étrangers promis notamment par François Hollande lors de sa campagne en 2012. Et le collectif, grâce à Internet, s'exempte de la réforme constitutionnelle qu'il exigerait. 


Comment ? En proposant à des abstentionnistes, déçus ou indécis, de rencontrer ces étrangers et de voter pour eux. 


Thomas Berteigne est l'un des fondateurs d'Alter-votants. En décembre 2016, avec deux autres personnes, il lance cette initiative. Un mois plus tard, leur site est en ligne. Il compte, à la mi-avril, "entre 250 et 300" inscrits, "et ça s'accélère beaucoup depuis une semaine", ajoute M. Berteigne, qui se dit "étonné et ravi" du nombre d'arrivées sur la plateforme. 

il y a plus d'étrangers qui veulent voter que d'abstentionnistes prêts à donner leur bulletin"Thomas Berteigne, cofondateur d'Alter-votants

À la mi-avril, assure-t-il, "40 binômes sont déjà formés". Un binôme, c'est un déçu de la politique, abstentionniste ou indécis, mis en connection avec un étranger qui souhaite participer à l'élection. Il poursuit : "Une fois la personne inscrite, on regarde si un binôme est possible, on appelle séparément les deux personnes et, si tout va bien, on leur demande comment ils veulent s'organiser et se rencontrer", explique Thomas Berteigne. Il explique que, jusqu'ici, "il y a plus d'étrangers qui veulent voter que d'abstentionnistes prêts à leur donner leur bulletin".


"C'est vrai que ça peut déranger, car c'est une forme de contournement", explique ce juriste de profession. "Mais nous avons vérifié et ce que nous faisons est légal." Pourtant, dit-il "nous avons pu lire des réactions très violentes de la part de personnes hostiles au droit de vote des étrangers." Selon une étude publiée en septembre 2016, 54% des Français sondés se disaient favorables au droit de vote des étrangers aux élections locales. 

Interrogé sur l'avenir d'Alter-votants, Thomas Berteigne affirme que l'initiative sera poursuivie pour les législatives, et peut être pour les élections suivantes. 

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