Arnaud Montebourg sur France 2 : ses 4 affirmations qui méritent un petit rappel

Arnaud Montebourg sur France 2 : ses 4 affirmations qui méritent un petit rappel

MOI PRÉSIDENT - Jeudi soir, dans "L'Emission politique" de France 2, Arnaud Montebourg a défendu sa candidature à la présidentielle de 2017. Quatre affirmations de l'ancien ministre méritent notamment d'être discutées.

Arnaud Montebourg, candidat à la présidentielle - et peut-être, au préalable, à la primaire -, sait revisiter son bilan de ministre pour se distinguer de ses camarades socialistes. Quitte, parfois, à tordre un peu la réalité. Dans L'Emission politique, sur France 2 jeudi soir, le chantre du "made in France" a notamment affirmé quatre choses qui méritent un petit retour en arrière. 

"Je ne suis pas un farouche partisan du nucléaire"

Jeudi soir, Arnaud Montebourg s'est dit favorable au "mix énergétique" combinant la filière nucléaire, "point d'appui" nécessaire, et les énergies renouvelables. "Je ne suis pas un farouche partisan du nucléaire", clame-t-il. Une position qui se rapproche de celle de Nicolas Hulot, auquel le candidat à la présidentielle adresse un clin d'oeil non dissimulé. 


Si Arnaud Montebourg veut se montrer pragmatique sur la sortie à terme du nucléaire, ses positions n'ont pas toujours été si prudentes. En août 2012, alors ministre, il avait estimé que "la filière nucléaire" était "une filière d'avenir". L'atome devait, selon lui, perdurer pour assurer la "sortie du pétrole", qu'il jugeait prioritaire. Du reste, il défendait, à travers la filière nucléaire, le patriotisme économique et "les centaines de milliers d'emplois" que génère cette industrie.

"Nous avons sauvé Peugeot"

Mentionnant le "crève-coeur" de la disparition du site PSA d'Aulnay entre 2012 et 2014, Arnaud Montebourg a assuré que 9 salariés sur 10 avaient été reclassés - ce qui est plutôt vrai -, mais il a ajouté ceci : 

Nous n'avons pas pu sauver Aulnay, mais nous avons sauvé PeugeotArnaud Montebourg

Ce qui est vrai, c'est que sous son gouvernement, l'Etat a racheté 14% de PSA pour renforcer le groupe alors en difficulté. Mais dire que son gouvernement a sauvé Peugeot est sujet à caution. La participation de l'Etat devait surtout permettre de contrebalancer l'arrivée du chinois DongFeng dans le capital du groupe, afin de le maintenir clairement sous pavillon français. Le partenariat entre PSA et le constructeur chinois devait surtout permettre à la marque française de développer ses activités internationales, notamment dans le domaine de l'électrique. 

Travailleurs détachés : "Nous irons casser de la vaisselle à Bruxelles"

Arnaud Montebourg a redit sa volonté de suspendre la directive sur les travailleurs détachés, adoptée en avril 2015, qui permet aux employeurs de faire travailler en France des dizaines de milliers de ressortissants de l'Union européenne, mais en appliquant les charges (plus basses) de leur pays d'origine. Pour le candidat (comme pour Manuel Valls d'ailleurs), cette directive représente une forme de dumping social. 


Ses propos sur l'Allemagne et sur cette directive n'étaient pas si tranchés en février 2014. Alors ministre, Arnaud Montebourg s'était même targué du succès de la gauche sur le sujet. "Nous venons de faire renégocier la directive Bolkenstein", s'était-il réjoui. "Non seulement nous venons d’obtenir une renégociation, et les Allemands nous ont bien aidés", avait-il cru bon de préciser. 

Il n'a jamais changé de "convictions"

Arnaud Montebourg insiste sur la cohérence de son parcours politique, assurant qu'il n'a jamais changé de convictions. Cela est vrai, par exemple, sur les institutions, qu'il souhaite depuis longtemps bouleverser en profondeur pour instaurer une VIe République. Cela est également vrai pour sa défense du "patriotisme économique". 


En revanche, sur sa proposition de déroger à la "règle d'or" européenne des 3% de déficit public afin de relancer l'investissement, Arnaud Montebourg n'est pas si constant que cela. Il a reconnu lui-même par le passé qu'il avait voté "oui" en 1992 au traité de Maastricht instaurant cette discipline budgétaire chez les Etats-membres. Il s'est en revanche opposé, en 2005, au traité constitutionnel européen. Et plaidait déjà la fin de la "règle d'or" lors de la primaire de 2011.

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