Dupont-Aignan rallie Le Pen : la droite dénonce "un vrai collabo", plusieurs cadres de "Debout la France" démissionnent

PRÉSIDENTIELLE - Nicolas Dupont-Aignan a annoncé vendredi qu'il "soutenait" Marine Le Pen pour le second tour, et qu'il avait passé avec elle un "accord de gouvernement". Une décision controversée provoquant des réactions vives aussi bien dans son parti "Debout la France !" que chez Les Républicains

Trahison pour les uns, ralliement d'un patriote pour les autres... le soutien désormais officiel de Nicolas Dupont-Aignan à Marine Le Pen reste toujours le sujet le plus commenté ce samedi. 


Le leader et la finaliste de l'élection présidentielle ont détaillé ensemble les modalités de cet "accord de gouvernement" le temps d'une conférence de presse samedi matin, annonçant que Nicolas Dupont-Aignan serait "Premier ministre" si Marine Le Pen est élue.


Face à ce positionnement en vue du second tour de l'élection présidentielle, les membres du parti "Debout la France !" se montrent nettement plus debutatifs et divisés. 

"Je pense qu'il y a aura une hémorragie de militants"

Le comité national de "Debout La France !" s'était réuni vendredi. Selon son vice-président Dominique Jamet, qui regrette le choix de Nicolas Dupont-Aignan, "Il y a eu des discussions où tous les avis se sont opposés et à la fin on s'est séparés. Il n'y a pas de décision prise, il n'y a pas de décision commune. Plusieurs cadres de "Debout la France !" ont fait savoir qu'ils démissionnaient." 


"Je pense qu'il y aura une hémorragie de militants et d'électeurs (...) J'ai adhéré à un parti qui invoquait le nom du général de Gaulle mais qui a longtemps dérivé vers la droite", a déploré Jamet à l'issue de quatre heures trente de réunion.

C'est "un choix très courageux, mais pas un chèque en blanc. Un choix contre des garanties programmatiques solides qu'il détaillera sûrement dès demain. Notamment sur le volet humaniste de notre projet présidentiel", a commenté à l'AFP Damien Lempereur, délégué national de DLF. Le secrétaire général adjoint de Debout la France, Laurent Jacobelli, a lui approuvé le "courage" du député de l'Essonne "qui prend ses responsabilité".


"Nicolas Dupont-Aignan est un homme honnête et droit. J'ai confiance en lui et je continue bien évidemment à le soutenir", a indiqué à l'AFP Nicolas Calbrix, délégué national du parti. 


Alexandre Loubet, président de "Debout les Jeunes", a aussi approuvé le choix de son patron, qui "brise le barrage". "Malheureusement, face à Emmanuel Macron, il fallait choisir", a commenté un proche de Nicolas Dupont-Aignan, interrogé par l'AFP.

"Vrai collabo" pour Dominique Bussereau

Vendredi soir, le député de la Charente-Maritime Dominique Bussereau a vivement critiqué le ralliement de Nicolas Dupont-Aignan à Marine Le Pen sur Twitter. Il a ainsi qualifié le candidat de "Debout La France !" de "pétainiste" et de "vrai collabo". 

Quant à l'ancienne ministre Les Républicains Nathalie Kosciusko-Morizet, elle affirme, affligée : "Le sous-marin du FN vient de faire surface". 


Interviewé ce samedi matin sur Europe 1, Jean-François Copé condamne, lui, une "immense faute politique et morale" : "J'ai toujours reconnu à Nicolas Dupont-Aignan une vraie sincérité par rapport à ses convictions gaullistes, et je considère que l'alliance qu'il vient d'annoncer avec Marine Le Pen est une immense faute à la fois politique et morale (...) Le gaullisme et l'extrême droite sont totalement antinomique, totalement contradictoire. On ne peut pas se réclamer de l'un et soutenir l'autre". Avant de conclure : "Il faut maintenant que chacun comprenne que Marine Le Pen peut gagner sur un malentendu."


Comme de nombreux dirigeants frontistes, Marine Le Pen a en revanche vu dans cette décision un "magnifique choix de la France".

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