"15 minutes pour convaincre" : comment l'émission a été chamboulée par l'attentat contre des policiers sur les Champs-Elysées

Attentat des Champs-Élysées

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IMPRÉVU - La fusillade sur les Champs-Elysées, qui a vu un homme faire feu contre un car de policiers, tuant l'un d'entre eux avant d'être lui-même abattu, n'a pas été sans conséquence sur l'émission politique qui réunissait au même moment les onze candidats sur France 2.

Ce devait être le feu d'artifices final de la campagne présidentielle. Mais, à force de retraits et de critiques de la part de quelques candidats, France 2 s'était résolu à transformer ce qu'elle espérait être un dernier débat en enchaînement d'entretiens de 15 minutes pour chaque candidat. Mais il devait être écrit que rien ne permettrait à cette émission de se dérouler normalement.

Poutou pris à part à l'extérieur du studio

En effet, peu après 21h, les premières alertes tombent et l'annonce de coups de feu sur les Champs-Elysées font trembler les réseaux sociaux et les rédactions. Pendant ce temps-là, les candidats continuent de défiler. Jean-Luc Mélenchon, Nathalie Arthaud, Marine Le Pen et François Asselineau sont déjà passés. Benoît Hamon et Nicolas Dupont-Aignan le font à leur tour, mais, alors que la préfecture de police a déjà donné l'alerte, les candidats socialiste et souverainiste ne sont pas interrogés sur le sujet.


Il faut attendre le passage de Philippe Poutou pour que David Pujadas suspende le cours de l'émission et évoque l'attaque. Le candidat du NPA, qui plaide pour le désarmement des policiers, attaqués par un homme armé aux Champs-Elysées, est évidemment interrogé sur le sujet. Il détourne le sujet en parlant des violences policières durant la loi Travail, et sur la non-nécessité d'armer les policiers "au contact de la population". Une prise de position qui lui vaudra d'être durement pris à partie par des policiers,  après l'émission, rapporte le membre de sa campagne Julien Salingue : "On a besoin de nos armes, enc***, ordure !"

Fillon et Lassalle s'emmêlent les pinceaux

Suit Emmanuel Macron. Alors que chaque candidat a respecté le ballet programmé par la deuxième chaîne, qui leur demandait d'apporter l'objet qu'ils emmèneraient avec eux à l'Elysée, l'ancien ministre de l'Economie explique avoir laissé "sa grammaire" dans sa loge. Il veut parler de "ce qui vient de se passer sur les Champs-Elysées". Et l'un des favoris du premier tour d'exprimer "toute sa solidarité à l'égard des forces de l'ordre" ainsi que ses pensées "pour la famille de la victime". 


C'est ensuite au tour de Jean Lassalle d'évoquer la fusillade, en faisant mention de deux policiers morts. Un chiffre avancé par le syndicat de police SGP Police et l'agence Reuters, mais qui s'avérera finalement faux, lepronostic vital du deuxième policier étant annoncé comme plus engagé dans la suite de la soirée.


Place enfin à François Fillon, qui, à l'instar d'Emmanuel Macron, refuse de montrer son objet porte-bonheur : "Je ne suis pas fétichiste et j'irai à l'Elysée avec ma seule volonté." Comme son adversaire d'En Marche !, François Fillon ne se voyait pas évoquer autre chose que la lutte contre le terrorisme. Le candidat Les Républicains a, lui aussi, commenté l'attaque, quitte à relayer des rumeurs infondées, en faisant référence à d'"autres événements en cours à Paris". Ce qui a été démenti par la police et le ministère de l'Intérieur. 

A la fin de l'émission, alors qu'ils étaient réunis sur le plateau, les onze candidats ont évidemment chacun eu un mot pour les policiers, chacun répétant son mantra en matière de lutte contre le terrorisme. Mais bien loin des éventuels échanges et interpellations que pouvaient espérer France 2 pour pimenter la soirée. 

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