Intégration, départ, anti-fédéralisme... comment les candidats veulent-ils réformer l’Europe ?

Intégration, départ, anti-fédéralisme... comment les candidats veulent-ils réformer l’Europe ?

Emmanuel Macron candidat

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EUROPE - Conscients des faiblesses de l’Union européenne, les candidats à l’élection présidentielle veulent tous changer son fonctionnement et ses règles. Mais leur projet n’ont ni la même philosophie, ni le même but.

La question européenne est naturellement au cœur des programmes des candidats à l’élection présidentielle, qui se confronteront lundi 20 mars, à l'occasion du "Grand Débat", sur la question européenne. Mais si tous s’accordent sur la nécessité de transformer l’Union européenne, ils n’ont en revanche pas les mêmes idées en tête sur la manière de procéder.


Dans ce paysage, Emmanuel Macron, et dans une moindre mesure Benoît Hamon, se distinguent en présentant l'Europe comme une solution quand leurs concurrents soulignent avant tout ses échecs et en exigent une refondation totale ou partielle.

Mélenchon prêt à claquer la porte de l’UE

"L'Europe de nos rêves est morte". Le candidat de la France insoumise établit un diagnostic sévère de l’état de l’Union européenne. Désirant s'affranchir des règles budgétaires qui fondent l'euro et transformer la Banque centrale européenne pour qu'elle puisse financer les Etats, il n’hésite pas brandir la menace d’un "Frexit". "L'UE, on la change ou on la quitte", résume Jean-Luc Mélenchon, qui compte sur le poids économique de la France pour peser dans la négociation.


Il appelle donc de ses voeux une sortie concertée des traités européens et la renégociation de nouvelles règles. Mais en cas d'échec, il prévoit une sortie de l'euro, l’arrêt de la contribution française au budget européen et le contrôle des capitaux et des marchandises aux frontières françaises.

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Le Pen propose un virage souverainiste

Marine Le Pen veut restituer à la France sa souveraineté monétaire, législative, territoriale et économique. Pour cela, elle lancera une phase de négociation de six mois avec ses partenaires européens en vue de refonder l'Union et de disloquer la zone euro.


Quelle que soit l'issue des négociations, elle promet d'organiser ensuite un référendum sur la sortie de l'UE et de l'euro. A noter qu’elle ne restera pas présidente si les Français votent pour rester dans une UE qui ne lui conviendrait pas.

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Hamon défend une harmonisation fiscale et sociale

Si le candidat du PS ne brandit pas la menace d'un départ de la France - cela a été un point de non-retour dans ses discussions avec Jean-Luc Mélenchon -, il annonce une confrontation avec les conservateurs au pouvoir dans la majorité des Etats membres de l'Union. Son objectif : "mettre l'austérité en minorité", soit un changement de cap car "l'orientation actuelle de l'Union Européenne n'est plus possible", avec en ligne de mire la croissance et l'emploi.


Pour y parvenir, Benoît Hamon souhaite dans un premier temps un "moratoire" sur le Pacte de stabilité et de croissance qui fixe les règles budgétaires des membres de l'euro, jusqu'à l'approbation d'un Pacte réformé. Passée cette période transitoire, il veut faire adopter un nouveau traité instituant une assemblée de la zone euro, composée majoritairement de parlementaires nationaux, qui aurait pour mission de décider du budget de la zone euro mais aussi des politiques d'harmonisation fiscale et sociale afin de lutter contre les disparités de salaires et de protection sociale dans les différents pays de l'UE.

Fillon s’oppose au fédéralisme européen

Insatisfait par le fonctionnement actuel de l’UE, le candidat des Républicains s’est fixé cinq priorités : crise migratoire, sécurité, gouvernance de la zone euro, intérêts économiques et commerciaux et réforme des institutions. Il prône une restriction des conditions d'immigration sur le sol européen. Surtout, il souhaite une refonte des accords de Schengen pour prévoir l'expulsion systématique des étrangers coupables de crimes ou de délits et l'interdiction d'entrée des étrangers condamnés pénalement ou ayant participé à une entreprise terroriste.


François Fillon souhaite aussi la création d'un directoire de la zone euro composé de chefs d'Etat et de gouvernement ainsi que d'un secrétariat général de la zone euro assurant le suivi et la gestion de la zone économique. Au chapitre commercial, il veut, pour les concurrents des pays européens, de nouvelles règles de réciprocité pour l'accès aux marchés publics et lutter contre la concurrence "déloyale" par des normes sociales et environnementales.

Macron favorable à une plus forte intégration de la zone euro

L’ancien ministre de l’Economie veut créer un gouvernement économique et un budget de la zone euro. Dirigé par un ministre de l'Economie et des Finances et contrôlé par un Parlement constitué des députés européens, ce gouvernement devrait pouvoir assurer des transferts financiers entre Etats membres et emprunter sur les marchés.


Pour y parvenir, Emmanuel Macron a estimé qu'il faudrait avant tout faire sauter deux tabous : un tabou français, qui est le transfert de souveraineté, et un tabou allemand, celui des transferts financiers ou de solidarité. Pour mener ces changements, il compte proposer aux partenaires européens de la France d'organiser des "conventions démocratiques" fin 2017 sur l'avenir de l'Union.

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