"Je lui ai déconseillé le poste" : Antoine Rufenacht, le mentor d'Edouard Philippe, regrette "l'erreur politique" de son entrée à Matignon

GOUVERNEMENT - L’ex-maire du Havre Antoine Rufenacht, qui a passé le flambeau à Edouard Philippe en 2010, ne tarit pas d’éloges sur le nouveau Premier ministre. Néanmoins, il estime qu’il aurait dû attendre les élections législatives pour s’installer à Matignon et dénonce une "erreur politique" pour son camp.

"Je lui ai déconseillé d’accepter ce poste". Antoine Rufenacht, l’un des mentors d’Edouard Philippe, a regretté sur LCI le choix de son successeur à la mairie du Havre. "J’aurai préféré qu’il devienne Premier ministre après les législatives", a déclaré l’ancien édile de Seine-Maritime.

"Comment ne pas être tenté ?"

Il refuse toutefois de le désavouer. "Je respecte ce choix, je comprends très bien qu'à son âge (46 ans), qu'on lui fasse une telle proposition, comment ne pas être tenté ?".


Antoine Rufenacht a par ailleurs eu des mots très affectueux à l’égard d’Edouard Philippe. Le fait de lui avoir transmis les rênes de la ville en 2010 ne doit rien au hasard. "Il a beaucoup de talent et j’estimais qu’il avait toutes les qualités pour être maire du Havre", a-t-il expliqué, estimant au passage qu’il est "plus intelligent et plus rapide que la norme".

"Macron me met mal à l'aise"

Et à ses yeux, le nouveau locataire de Matignon a toutes les capacités pour assumer cette responsabilité. Toutefois, cette décision va fragiliser la droite, regrette Antoine Rufenacht. "Je pense que c'est une erreur politique pour la famille politique à laquelle j'appartiens, on va se retrouver dans une situation un peu difficile".

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OFF - Ambiguité, narcissisme... Rufenacht, mentor du nouveau Premier ministre ne croit pas à "l'aventure" Macron

S’il conserve naturellement de l’estime à l’égard d’Edouard Philippe, on ne peut pas en dire autant pour le chef de l’État. "L’aventure Macron, je n’y crois pas. Le personnage est ambigu, il me met mal à l’aise, avec son narcissisme et cette mise en avant de sa famille. Ces projets sont ambigus, on ne sait pas ce qu’il veut faire finalement", lance cet ancien proche de Jacques Chirac. "On me dit qu’il est jeune et joli garçon, tout c’est bien pour faire un président, cela me permet insuffisant", conclut-il.


Contrairement au nouveau président, Antoine Rufenacht ne croit pas dans la disparition du clivage droite-gauche. "Le conflit, les rivalités le débat entre le parti du mouvement et le parti des conservateurs sont inhérents au fonctionnement de la démocratie", conclut-il.

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