Jeunes Républicains : un remaniement au profit des fillonistes passe mal

Jeunes Républicains : un remaniement au profit des fillonistes passe mal

ON REMPLACE - En pleine tempête médiatique liée à l'affaire Penelope Fillon, le parti remanie le Bureau des Jeunes Républicains élu en 2015 au profit de davantage de fillonistes. De nombreux militants s'insurgent, le parti justifie ces changements par le besoin de plus de "diversité".

C’est une "purge", un "déni de démocratie", "une chasse aux sorcières". Les esprits s’échauffent chez les militants de la droite après la révocation de la moitié du Bureau national des Jeunes Républicains, pourtant élus. De nombreux soutiens de Nicolas Sarkozy ont été remplacés au profit des fillonistes.

 

Pierre-Henri Bovis, jeune adjoint au maire d’Achères (Yvelines) élu délégué national en 2015, est l’un d’eux. Samedi dernier, il reçoit un coup de téléphone. "Voilà, il y a un nouveau Bureau national, malheureusement tu n’es pas dedans". Aucun motif précis, pas de nouvelle élection. "C’est une instance nommée, pas élue", tacle Nicolas Cuadrado, responsable départemental des Jeunes LR Seine-Saint-Denis, qui fait part de son mécontentement sur les réseaux sociaux.


Or d’après l'article 32-1 du règlement des Jeunes Républicains "un Délégué National peut être révoqué par décision du Conseil National des Jeunes Républicains, prise à la majorité absolue, conforme à la décision motivée rendue par la Commission de Contrôle, à l’issue d’un débat contradictoire.".

L’équipe de François Fillon réanime là les tensions internesPierre-Henri Bovis, délégué national évincé

Fabrice Durand, désormais ex-délégué national et élu de Plan-de-Cuques (Bouches-du-Rhône), lui affirme n’avoir même pas été prévenu en personne. Ce soutien de longue date de Jean-François Copé dénonce "un acte de bas niveau et d’autoritarisme politique".


La présidente, Marine Brenier, députée des Alpes-Maritimes, est maintenue. Mais Geoffrey Carvalhinho, le secrétaire général, numéro deux du mouvement et sarkozyste, est écarté... Un lien avec les critiques formulées contre François Fillon après les suspicions d'emploi fictif de son épouse ? Geoffrey Carvalhinho ne s'avance pas même s'il nous explique avoir été "franc" avec les équipes du candidat. Il ne garde pour autant aucune d’amertume : "Les valeurs de travail et de mérite ont un sens, et il est impératif qu’on gagne cette élection présidentielle".


D’autres sont beaucoup plus remontés. Pierre-Henri Bovis avait ouvertement critiqué François Fillon sur les réseaux sociaux après les révélations du Canard : "Parce que j’ai été virulent certains pensent que je me suis désolidarisé de mon parti mais j’ai ma liberté de parole et je pense qu’en période de tempête médiatique il faut resserrer les rangs, alors que l’équipe de François Fillon réanime là les tensions internes". 


Normalement, les délégués nationaux sont élus pour deux ans et demi. Leurs mandats couraient a priori jusqu’à début 2018. 

L'argument de l'article 39

Du côté des instances du parti, on balaye toute accusation de "chasse aux sorcières". Deux arguments sont avancés par un membre de la direction : "la volonté de plus de diversité en terme de représentation des différentes sensibilités. Il y a aujourd’hui des jeunes sarkozystes, des juppéistes, et des fillonistes..." Avant, il y avait un seul filloniste, à présent six.


Et surtout, l’article 39 des statuts du parti Les Républicains, selon lequel le candidat victorieux de la primaire peut apporter des modifications dans l’organigramme.

"C’est une certaine interprétation du texte", souffle l’un des délégués nationaux écartés, sceptique.


En attendant, sur Twitter, de nombreux militants se lâchent. Et laissent entrevoir des fractures grandissantes au sein de la base militante, à quelques semaines de l’élection présidentielle.

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