Le Grand débat : quel bilan pour Hamon, Fillon, Mélenchon, Le Pen et Macron ?

POST-DÉBAT - Cinq candidats à la présidentielle ont débattu pendant trois heures, lundi soir, à l'occasion du premier débat organisé sur TF1. Leur mission : éviter les écueils mortels à cinq semaines du premier tour, tout en marquant leurs différences respectives et en restant dans leurs couloirs respectifs, malgré quelques accrocs. Quel bilan pour chacun des postulants à l'Elysée ?

Pour ce premier grand rendez-vous de la campagne présidentielle, comment s'en sont sortis les cinq candidats invités par TF1 ? Pas si mal, au regard des stratégies développées depuis le début de la course par les protagonistes.

Marine Le Pen joue la sécurité

La candidate s'en est tenue fidèlement à la stratégie retenue avant l'émission : égréner son projet en esquivant les mises en cause répétées, notamment celles de François Fillon vis-à-vis de son programme économique. Malgré quelques affrontements directs - elle a clairement ciblé "l'ambiguité" d'Emmanuel Macron et le projet de François Fillon -, la candidate du Front national a pu développer son projet relativement sereinement. Même l'une de ses mesures les plus polémiques - la suppression des aides sociales aux parents de mineurs délinquants - a failli passer inaperçue, avant que Benoît Hamon ne s'insurge en présentant la candidate comme une "droguée aux faits divers".

En vidéo

Benoît Hamon tacle Marine Le Pen : "que vous soyez une droguée aux pages faits divers, c'est une chose mais vous êtes candidate à la présidence de la République"

François Fillon réussit enfin à parler de son projet

Un mention spéciale à François Fillon, qui aura réussi à traverser trois heures de débat sans avoir à s'expliquer sur les longues semaines de mésaventures judiciaires qui ont plombé sa campagne. Après les quelques allusions de ses concurrents sur le sujet, le candidat de la droite a pu développer son projet - suppression des 35 heures ou encore de 500.000 fonctionnaires - et même se payer le luxe de fustiger "les milliards d'euros" non financés, selon lui, du projet économique de Marine Le Pen ou du revenu universel de Benoît Hamon. François Fillon a renoué avec la statégie qui avait payé lors de la primaire de la droite : des interventions discrètes et millimétrées, et finalement peu de sorties contre ses concurrents. 

En vidéo

François Fillon : "je veux être le président du redressement national"

Mélenchon, le show de l’érudit

Tour à tour à l’aise et jovial, le candidat de la France insoumise a semblé comme un poisson dans l’eau durant le débat. Il a rarement laissé Marine Le Pen tranquille (le français à l’école, les minimas sociaux, le burkini...), s’est moqué du "débat du PS" entre Benoît Hamon et Emmanuel Macron, et, là où les autres candidats semblaient éviter de parler de l’affaire Fillon, ne s’est pas gêné pour le faire. Il est aussi apparu pédagogue, sur le terrain de la laïcité, où il a débattu d’un ton inhabituellement calme avec Marine Le Pen. Il s’est en revanche montré intransigeant lorsqu’il a fallu de discuter modèle économique avec François Fillon, où l’ardent défenseur de la hausse des salaires se heurtait au mur de l’austère candidat de la droite. Il voulait faire avancer ses idées ? Celui qui se définit comme le "dernier président de la Ve République" y est arrivé.

En vidéo

Jean-Luc Mélenchon : "Je serai le dernier président de la Ve République"

Emmanuel Macron échappe au lynchage du favori

Le jeune candidat d'En Marche !, que les sondages placent en deuxième position derrière Marine Le Pen et vainqueur au second tour, n'a finalement pas reçu les foudres promises par ses concurrents, et notamment par l'équipe Fillon, qui ne cessait d'insister sur son "immaturité politique". Hormis les mises en cause répétées de Marine Le Pen, et un tacle du candidat de la droite l'accusant d'emprunter "un peu à droite, un peu à gauche" dans son programme, Emmanuel Macron a finalement bénéficié d'une relative neutralité générale à son égard. Il est même parvenu à faire rire l'auditoire présent sur le plateau lors de ses confrontations avec Marine Le Pen, comme dans cette séquence sur le burkini. 

En vidéo

Emmanuel Macron à Marine Le Pen sur le burkini : "je n'ai pas besoin d'un ventriloque"

Hamon, bien dans son couloir

Le vainqueur de la primaire socialiste est resté fidèle à son programme, déroulant l’essentiel de ses positions. Pour le candidat frondeur, la difficulté était réelle : faire exister, à côté d’un Jean-Luc Mélenchon très extraverti, des idées à la philosophie pas si éloignée du candidat des Insoumis. La différence a été entendue, tant sur le revenu universel que sur les différences de vue sur l’Europe et la Russie. Face aux autres adversaires, il est apparu combatif, tançant aussi bien Marine Le Pen sur sa vision de la laïcité, ou Emmanuel Macron et François Fillon sur leurs vues économies. Cela sera-t-il suffisant pour continuer à surfer sur la dynamique de son meeting enflammé de Bercy ? A suivre dans les prochaines semaines.

En vidéo

"Nous allons faire du bruit dans cette élection", martèle Benoît Hamon

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Présidentielle : le Grand débat

Plus d'articles

Sur le même sujet