Hamon, Mélenchon, Montebourg, Valls... Le revenu universel divise la gauche

Hamon, Mélenchon, Montebourg, Valls... Le revenu universel divise la gauche

POUR OU CONTRE - Benoît Hamon est celui qui défend le plus l'idée d'un revenu universel distribué à tous. Mais la proposition ne séduit pas tout le monde à gauche. Certains de ses adversaires à la primaire sont contre sa mise en place, tout comme Jean-Luc Mélenchon.

Il s’agira peut-être de l’un des principaux points de désaccords entre les sept candidats à la primaire de la gauche. Car dans les rangs socialistes mais également au-delà, le revenu universel divise. Si Jean-Luc Bennahmias et Sylvia Pinel, candidats à la primaire de la Belle Alliance populaire, se sont prononcés pour son instauration, son plus fervent défenseur est Benoît Hamon. L'ancien ministre de l'Education nationale souhaite mettre en place un revenu universel d’existence en trois étapes. S’il est élu, dès 2017, il augmentera le RSA de 10%, pour le porter à hauteur de 600 euros. Il sera versé à tous les ayant-droits et à tous les jeunes de 18 à 25 ans qui n’y ont pas le droit aujourd’hui, quel que soit leur niveau de ressources. Le revenu, cumulable avec d’autres ressources, sera ensuite étendu à l’ensemble de la population, pour atteindre à terme 750 euros. 

Pour le candidat, il s’agit d’"éradiquer la grande précarité et contribuer à définir un nouveau rapport au travail et au temps libre", en pleine révolution numérique. "On sera moins salarié qu’avant. Et nos enfants auront une carrière plus hachée. Le revenu universel, c’est la nouvelle sécurité sociale", a-t-il de nouveau défendu sur Europe 1, lundi 2 janvier. 

Vincent Peillon y est "philosophiquement opposé"

Dans le même temps sur RMC et BFMTV, Vincent Peillon se disait "philosophiquement opposé" à l’instauration du revenu universel. "Je crois à la dignité par le travail et dans le travail. Je veux une solidarité qui inclut, pas qui exclut : ‘Je te donne de l’argent et tu restes chez toi’". Pour lui, le problème est également financier : "Le revenu universel, qui représente 300 milliards d’euros, est impraticable".

 

Parmi les candidats à la primaire de la gauche, Arnaud Montebourg est également opposé au revenu universel. Son coordinateur général de campagne et président de son comité politique, Christian Paul, déclarait sur France 2 le 29 décembre dernier : "Pour beaucoup d'économistes libéraux, le revenu universel, c'est une façon d'accepter le chômage de masse dans un monde numérique où l'on sait bien qu'il y aura moins de travail. Déserter la question du chômage [...], se résigner d'une certaine façon, c'est le problème, d'ailleurs, le désaccord, que nous pouvons avoir avec Benoît Hamon sur le revenu universel." 

Un "minimum décent" entre 800 et 850 euros mensuels pour Manuel Valls

Manuel Valls s'était déclaré favorable à l'expérimentation du revenu universel à la fin du mois d'octobre 2016. "Il y a beaucoup de salariés pauvres, de femmes qui élèvent seules leurs enfants, de jeunes étudiants qui sont en situation de précarité et ce revenu il faut en étudier les modalités juridiques et financières. Il ne s’agit pas de remplacer la sécurité sociale ou l’assurance maladies mais il s’agit d’inventer une autre manière de vivre dans la société, et pas seulement pour les plus modestes et les plus pauvres de survivre", avait-il expliqué lors d'un déplacement en Gironde, qui s'est portée volontaire pour tester ce dispositif. 


Récemment, il a précisé son projet, rebaptisé "minimum décent", qui s'élèverait entre 800 et 850 euros par mois. Ce revenu résulterait de la fusion d'une dizaine de minima sociaux actuels. Il faudrait avoir plus de 18 ans et résider en France depuis au moins quatre ans pour pouvoir en bénéficier, et il serait attribué sous conditions de ressouces.

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Valls sur le revenu universel : "Il s'agit d'inventer une autre manière de vivre"

Une "trappe à pauvreté" pour Jean-Luc Mélenchon

Mais à la gauche de la gauche, le revenu universel ne séduit pas. Jean-Luc Mélenchon y voit une "trappe à pauvreté", les 750 euros proposés par Benoît Hamon se situant en-dessous du seuil de pauvreté, fixé à 987 euros. "On est en présence d’un RSA socle plus développé, qui permet au patron de dire à son employé : ‘Je te paye moins, car tu touches ton revenu minimum’" a déclaré le président du Parti de gauche en décembre sur franceinfo. 


La gauche radicale, notamment le NPA, défend plutôt le retour du plein-emploi, pour que tout le monde puisse gagner sa vie en travaillant. De nombreuses associations comme ATD Quart Monde et le Secours populaire considèrent qu’il est dégradant de verser aux plus fragiles un revenu sans aucune contrepartie de leur part, sans développer des outils favorisant le retour à l’emploi.  

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