Marine Le Pen "fasciste" : Jean-Luc Mélenchon avait bien le droit de le dire

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Marine Le Pen perd la présidentielle

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FIN DES POURSUITES - Le candidat de la France insoumise, qui avait qualifié en 2011 la patronne du FN de "fasciste", ne sera jamais condamné. Ainsi en a décidé la Cour de cassation, mardi 28 février.

Non, Jean-Luc Mélenchon n'a pas "injurié" Marine Le Pen en usant du terme "fasciste" à son égard, le 5 mars 2011. C'est en tout cas ce qu'a établi la Cour de cassation, mardi 28 février, dans l'ultime jugement opposant depuis six ans celui qui était alors patron du Front de gauche et sa rivale du Front national.


Rembobinons jusqu'à cette pré-campagne électorale. A l'époque, mars 2011, Jean-Luc Mélenchon est au fond des sondages en vue de la présidentielle 2012, recueillant autour de 5% dans les sondages, quand les instituts promettent, à l'instant T, le second tour à la patronne du FN, notamment un sondage paru dans Le Parisien. Pour ce qui paraîtrait presque anodin aujourd'hui, il s'agit d'un branle-bas-de-combat à l'époque.

Un échec, deux échecs, trois échecs

Pour Jean-Luc Mélenchon, qui peine à exister à l'époque, le constat est net, clair et précis : "Tout ça est une guignolisation de la vie politique, absolument invraisemblable. Pourquoi voulez-vous que le peuple français soit le seul peuple qui ait envie d'avoir un fasciste à sa tête ? C'est aussi stupide que d'annoncer que le père Noël est en tête", avait-il critiqué, sur le plateau d'i<Télé. De quoi amener la présidente du FN à poursuivre celui qui allait opter pour une stratégie "front contre front" à la présidentielle 2012, pour injure publique.


Un tournant pour la patronne du FN qui, à partir de ce moment, annoncera qu'elle poursuivrait quiconque dirait du Front national qu'il est un parti d'extrême droite. En 2014, premier procès. Raquel Garrido ferraille contre Walleyrand de Saint-Just avec succès. "Interdire le mot fasciste, c'est typiquement fasciste", rapporte Le Monde des débats, à l'époque. Premier défaite : Jean-Luc Mélenchon a tout à fait le droit d'utiliser ce mot qui relève d'une opinion recevable dans un contexte de débat politique.


Rebelote en 2015, alors que la conseillère régionale a fait appel. La sentence n'évolue pas. L'avocate de Jean-Luc Mélenchon se réjouit alors : 

Ultime tentative pour Marine Le Pen, qui trouve dans le terme fasciste "une injure, un terme de mépris, une invective", qui se pourvoit en Cour de cassation, juge de la bonne application du droit. Là encore, un échec. Le terme "fasciste" est "outrageant" pour Marine Le Pen, estime la Cour, mais c'est l"opinion de Jean-Luc Mélenchon, et dans le cadre d'un débat politique, ces propos "ne dépassaient pas les limites admissibles de la liberté d'expression." Même conclusion, même réaction chez Raquel Garrido :

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